Nucléaire, "filière d’avenir" à quel prix ?

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Nucléaire, "filière d’avenir" à quel prix ?
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ZOOM - Le coût moyen des différentes énergies est très variable et l'avenir reste incertain.

"Pour ma part, je considère que le nucléaire est une filière d'avenir". En affirmant sa conviction, Arnaud Montebourg a provoqué de vives réactions, notamment au sein d’Europe Ecologie Les Verts, allié du PS pour gouverner mais résolument antinucléaire. Depuis, les réactions politiques se multiplient. Au-delà, en pleine crise économique, une question demeure : quel est le coût moyen de chacune des sources d’énergie utilisées en France ?

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© REUTERS

Nucléaire : 33 à 50 euros/MWh, hausse des prix assurée. L’estimation provient d’un rapport de la Cour des comptes publié le 31 janvier 2012, mais un tel chiffre n’intègre pas le coût à venir du démantèlement des centrales et du retraitement des déchets. Seule certitude, même en ignorant les coûts des déchets, le prix du nucléaire va augmenter dans les années à venir. D’abord parce que de nouvelles normes post-Fukushima vont nécessiter des travaux et des précautions supplémentaires. Ensuite parce que la France parie sur l’EPR, une technologie qui produit plus d’électricité mais à un coût lui aussi en hausse : entre 70 et 90 euros/MWh. 

Hydraulique : 15 à 20 euros/MWh, des prix stables. Une fois construit, un barrage procure l’énergie la plus compétitive qu’il soit. La France a de plus un atout : elle dispose de nombreux fleuves et montagnes. Après un plan de rénovation de son parc de 500 millions d’euros, EDF peut voir venir.

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Gaz : 60 à 80 euros/MWh, hausse des prix à prévoir. Matière première dont l’exploitation augmente, le gaz présente l’avantage d’être facilement transformable et transportable. Seul bémol : destiné à des usages très variés, sa demande augmente et surtout son prix suit les cours du pétrole, déjà en forte hausse et qui ne devraient pas baisser à moyen et long terme.

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Eolien : 30 à 85 euros/MWh, en hausse probable. Cette technologie est déjà ancienne mais les recherches sur le sujet sont relativement récentes. Leur rendement ne cesse d’augmenter et plusieurs pays, dont le Danemark, en ont fait une priorité. Les éoliennes terrestres devraient néanmoins être progressivement délaissées au profit de fermes éoliennes installées en plein mer. Ces dernières sont plus coûteuses (150 à 200 euros/MWh) mais aussi plus efficaces.

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Photovoltaïque : 150 à 350 euros/MWh, évolution incertaine. L’énergie solaire étant illimitée, cette technologie a de l’avenir et son rendement devrait augmenter dans les prochaines années, notamment grâce au procédé de couche mince, qui améliore le spectre de captation. Résultat, le coût moyen devrait être compris dans une fourchette entre 80 et 180 euros/MWh, selon l’EPIA, le lobby européen du secteur. Avec un bémol : les cellules photovoltaïques utilisent des terres rares, dont les prix explosent et extraites aux trois quarts par la Chine, qui menace d’en limiter l’extraction et l’exportation.