Négociations sur l'emploi : dernier round
Négociations sur l'emploi : dernier round

Les discussions entre syndicats-patronat ont repris. Le gouvernement est, lui, déjà prêt à légiférer.

Le rendez-vous. La négociation sur l'emploi entre dans sa dernière ligne droite. Syndicats et patronat, qui tentent depuis le 4 octobre de se mettre d'accord sur un texte qui permettrait d'enrayer le chômage et de relancer la machine de l'emploi, ont repris leurs discussions jeudi et ils n'ont plus que deux jours pour trouver un terrain d'entente. Sinon... 

>> Mise à jour, 10h56 : Laurence Parisot espère "boucler ce soir" les discussions. "Il n'y aura pas de négo de nuit", a-t-elle en tout cas prévenu.

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• Le gouvernement menace. Plus que jamais, les négociations s'annoncent tendues. Car cette fois, le gouvernement, qui joue là la crédibilité de sa méthode de concertation, n'entend pas laisser les partenaires sociaux se séparer sans qu'une solution n'ait été proposée. La majorité aurait ainsi menacé d'exclure les contrats courts (CDD et intérim) du crédit d'impôt Compétitivité-Emploi si les organisations patronales n'acceptaient pas de lâcher du lest. Alain Vidalies, le ministre des Relations avec le Parlement, a par ailleurs déjà annoncé le calendrier en cas d'échec du gouvernement : dans ce cas, un projet de loi serait déposé "avant fin février" devant le conseil des ministres. Et il y a fort à parier que, dans ce cas, il ne serait pas franchement favorable aux patrons. Pour le Medef, appuyé par la CGPME, c'est une intervention "intolérable".

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Le patronat fait un (petit) geste. Mercredi, les chefs d'entreprise ont proposé un nouveau texte aux syndicats, qui fait quelques pas dans leur direction. Ils acceptent la présence de représentants des salariés dans les conseils d'administration des grandes entreprises avec voix délibérative, mais aussi la possibilité de conserver ses droits à indemnisation pour les salariés qui ont été au chômage, qui retrouvent un emploi et qui le perdraient à nouveau. Le patronat accepte également la généralisation de l'accès à une complémentaire santé d'entreprise à tous les salariés, alors qu'aujourd'hui plus de 3 millions d'entre eux paient seuls l'accès à une mutuelle.

Parisot

© Reuters

 • La pierre d'achoppement : les contrats courts. Mais toujours pas trace d'une taxation plus forte des contrats courts. Il faut dire que, depuis le début, les chefs d'entreprise sont vent debout contre toute tentative d'attaquer les CDD et l'intérim, qu'ils jugent indispensables pour aider les entreprises à se relancer, dans un contexte difficile. Et taxer ces contrats courts ne poussera pas de toute façon à créer plus de CDI, assurent-ils. La piste privilégiée par le patronat est celle d'un assouplissement des CDI, qui permettrait de licencier -et donc, explique-t-il, d'embaucher- plus facilement. Mais les patrons pourraient céder lors de cette dernière séance de négociation, ne serait-ce que pour garantir en échange les avancées qu'il espère en matière de flexibilité et de sécurisation juridique des licenciements.

La CGT ne veut pas signer.Et FO ? Pour les syndicats, sans concession du Medef, un accord est inacceptable. Tous se montrent très réservés quant à l'issue de ces deux jours de débat. La CGT a clairement fait comprendre qu'elle ne signerait rien, et Force Ouvrière n'est pas, elle non plus, certaine de signer un protocole d'accord. "S'il s'agit d'avoir quelque chose a minima, qui ne modifie pas les comportements des employeurs, on n'aura rien gagné du tout", explique Stéphane Lardy, négociateur de FO, au micro d'Europe 1. Même son de cloche à la CFDT, où Laurent Berger, le nouvel homme fort, estime que "le match n'est pas fini". Plus le nombre de syndicats signataires sera important, plus le texte aura de la force au moment d'être présenté au Parlement.