Moteurs supposés truqués chez PSA : "Tricher, c'est aussi trahir ses salariés"

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Alors qu'un début de scandale semble éclater avec le rapport de la répression des fraudes qui soupçonne PSA d'avoir truqué ses moteurs, les salariés de l'usine de Poissy sont partagés entre la version démentie donnée par leur employeur et les révélations de la presse.

REPORTAGE

PSA a-t-il truqué ses moteurs ? C'est en tout cas ce qu'estime la répression des fraudes. Un rapport de la DGCCRF, dévoilé par le journal Le Monde évoque une "stratégie frauduleuse" en matière d'émissions polluantes. Il accuse PSA d'avoir vendu près de deux millions de véhicules équipés de moteurs truqués. Une fraude pour laquelle le constructeur risque cinq milliards d'euros d'amende. PSA, de son côté, a démenti et porté plainte pour violation du secret de l'instruction.

"C'est aussi trahir ses salariés". Devant les grilles de l'usine, les visages sont tendus. Ahmed travaille sur le chaîne de fabrication de l'usine de Poissy, dans les Yvelines. Depuis ces révélations, il est inquiet. Il a même observé le cours de la bourse jeudi : l'action de PSA a chuté. "Ça fait peur", explique-t-il au micro d'Europe 1 vendredi. "C'est aussi tricher et trahir ses salariés parce que nous, on produit avec nos tripes. On fait du bon boulot pour produire de la qualité et si derrière, la direction triche, ça fait très mal. On se sent trahis. Ce n'est pas à nous de payer la facture, c'est au grand patron de le faire."

Toutes les marques trichent. Peu à peu se forme un petit groupe d'ouvriers. Tous opinent du chef : ces fraudes concerneraient tous les constructeurs automobiles, selon eux. "Y'a pas si longtemps que ça, il y a eu quelque chose chez Renault, aujourd'hui c'est Peugeot..." L'entreprise aurait-elle pu tricher ? "Oui je pense", répond l'un d'eux. "C'est un peu comme l'histoire de Volkswagen, de toute façon. PSA fait la même chose", renchérit un autre.

"Il n'y a pas de fraude". La direction s'est défendue en envoyant une lettre d'explications qui a fait mouche auprès d'autres ouvriers. "Il n'y a pas de fraude", assure Jean-Claude. "La position de PSA est très claire." "Il n'y a pas de raison, ils sont honnêtes", renchérit Denis. "C'est  la tendance de chercher la petite bête. Toutes les marques sont sur la sellette, un point c'est tout." Une petite bête qui pourrait coûter très cher à Peugeot si la fraude était avérée. Le scandale des moteurs chez Volkswagen a déjà coûté au géant allemand 20 milliards d'euros.