Ménage à trois chez PSA

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Ménage à trois chez PSA
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OFFICIEL - Le constructeur français a validé une augmentation de son capital de trois milliards d’euros avec l'Etat français et le Chinois Dongfeng.

Le groupe automobile a officialisé dimanche son mariage avec le constructeur chinois Dongfeng et l’Etat français. Le conseil de surveillance a pris plus de quatre heures pour acter l’augmentation de capital de trois milliards d’euros. Peugeot Citroën avait besoin d’argent frais suite à l’effondrement de ses ventes en Europe et d’un partenaire chinois pour mettre un pied dans le premier marché automobile mondial.

Des actions réservées à l’Etat et à Dongfeng. L’augmentation de capital devrait se faire en deux temps. L’Etat français et Dongfeng devraient lever chacun 750 millions d’euros, soit 1,5 milliard, pour environ 14% du capital. Afin de trouver le 1,5 milliard restant, la famille Peugeot devrait mettre également la main à la poche, à hauteur de 100 millions, le reste proviendrait d’un appel au marché et aux salariés.

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Une direction tricéphale. Le grand changement serait le recul de la famille Peugeot dans le capital du groupe. Avec l’arrivée de l’Etat et de Dongfeng, la participation de l’actionnaire historique passerait de 25,4% à environ 14%, comme ses nouveaux partenaires. La question de la gouvernance fait donc débat et la famille Peugeot n’est pas sûre de garder les rênes de l’entreprise. La piste de l’administrateur indépendant pour prendre la tête du conseil de surveillance semble être privilégiée et le nom de Louis Gallois circule, comme celui de Jean-Louis Beffa, ex-patron de Saint-Gobain et homme fort en Chine de la banque Lazard, conseil de Dongfeng. Carlos Tavarès, le nouveau PDG du groupe aura fort à faire, dans cette situation, pour imposer sa vision industrielle.

En effet, cette répartition égalitaire du capital pourrait provoquer une paralysie au conseil de surveillance du groupe comme l'explique l'éditorialiste économique d'Europe 1, Axel de Tarlé :



Peugeot : une page se tournepar Europe1fr

Alliance industrielle et capitalistique. PSA avait besoin d’argent, mais surtout de nouvelles capacités industrielles pour se maintenir dans un secteur extrêmement concurrentiel. Le constructeur produit environ trois millions de voitures par an, sur un marché qui dépasse les 80 millions de véhicules et qui croît. Alors PSA prévoit la construction d’une quatrième usine en Chine avec Dongfeng. Objectif : réussir à conquérir la Chine, devenu le premier marché mondial. D’autant que les Chinois possèdent seulement 60 voitures pour 1.000 habitants, quand les Français en ont 600.    

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