Maroquinerie : deux alternatives françaises au cuir traditionnel

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De plus en plus de maroquineries proposent des produits fabriqués à partir de matières premières qui se veulent plus respectueuses des préoccupations écologiques.

LA FRANCE BOUGE

La maroquinerie française ne cesse de progresser. Cette industrie, qui représente 4.900 entreprises, soit 130.000 emplois, a enregistré entre janvier et octobre 2017 une croissance de 6%, pour des ventes dépassant les 3 milliards d'euros, selon les chiffres publiés par le Conseil national du cuir. Si le sac à main en croco ou en cuir de vachette continue d'occuper une place de choix dans les vitrines des géants du secteur, les PME et TPE doivent redoubler d'originalité pour se distinguer au sein d'un secteur ultra-concurrentiel. Quitte à se tourner vers des procédés aventureux, mais qui se veulent plus en phase avec les préoccupations du temps comme l'écologie.

Alors que le Salon du Made in France ouvre ses portes samedi, tour d'horizon dans La France bouge, sur Europe 1, des alternatives françaises à la maroquinerie traditionnelle :

>> De 12h30 à 14h, c’est La France bouge avec Raphaëlle Duchemin sur Europe 1. Retrouvez le replay de l’émission ici

Le cuir de poisson. De prime abord, c'est une matière première que l'on n'imagine pas pouvoir recycler, et qui finit donc généralement à la poubelle. Les Français jettent chaque année 800 tonnes de peaux de poissons. Une tannerie girondine a pourtant eu l'idée de les transformer.

Fondé en 2014, Femer – dont le nom est un néologisme formé à partir de la phrase "fait mer"  –, produit ainsi avec ces peaux, notamment celles du bar, du saumon et de la truite, une fois écaillées, plongées dans des bains végétaux puis passées dans un séchoir rempli de balles de golf, un cuir particulièrement doux. La créatrice de l'entreprise, Marielle Philipp, a eu cette idée après un voyage effectué par sa mère en Laponie, et où celle-ci a notamment eu l'occasion de découvrir une technique ancienne de tannage des peaux de poissons. Femer fournit déjà plusieurs marques de chaussures et de maroquiniers.

Du cuir à partir des rustines de vélo. La question désormais récurrente du bien-être des animaux nourrit une défiance de plus en plus grande vis-à-vis des matières d'origine animale. Pour répondre à cette préoccupation, certaines maroquineries ont développé des techniques plus ou moins originales pour produire des pièces sans avoir à utiliser le cuir traditionnel. Ainsi, la maison Fantome propose depuis quatre ans des sacs assemblés à partir de chambres à air pour vélo.

"On récupère les chambres à air auprès des réparateurs de vélos. Elles ont déjà eu une première vie. Nous, on va avoir un  travail de tri, de nettoyage et de confection", explique au micro de Raphaëlle Duchemin, dans La France bouge, Jennie Burke, la co-fondatrice de Fantome. "On est une petite boîte, très motivée et un peu folle je pense", plaisante-t-elle. "Le défi était de faire de la maroquinerie sans matière d'origine animal. Aujourd'hui on parle de 'maroquinerie vegan'", précise-t-elle. Ses pièces, toutes numérotées, sont vendues entre 35 et 235 euros pour les plus imposantes.