Dailymotion : après Montebourg, Macron dit non aux Chinois

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Dailymotion : après Montebourg, Macron dit non aux Chinois
@ LIONEL BONAVENTURE/AFP
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STRATÉGIE - Le ministre de l'Economie marche dans les pas de son prédécesseur, Arnaud Montebourg, en refusant la vente du site de vidéos en ligne.

Emmanuel Macron et son prédécesseur Arnaud Montebourg, ce sont des styles et des lignes politiques très différentes. Pourtant, tous deux se rejoignent dès qu'il s'agit de la vente de Dailymotion : le ministre de l'Economie s'oppose à des négociations exclusives entre l'opérateur Orange et le groupe hongkongais PCCW pour la vente de 49% de la plateforme de vidéo Dailymotion, préférant une option européenne, a indiqué Bercy mercredi.

"Il ne peut pas y avoir de négociations exclusives. Il est nécessaire que toutes les options (sur la table) puissent être examinées en prenant en compte l'enjeu de souveraineté européenne", a affirmé une source du ministère de l'Economie, confirmant une information du journal Le Monde. Selon le quotidien, le groupe français Fimalac serait intéressé par la plateforme vidéo d'Orange, dont l'Etat détient 24,9% du capital. Les groupes allemands Axel Springer et Bertelsmann sont aussi mentionnés.

Montebourg Macron

© ERIC PIERMONT / AFP

Bis repetita. En 2013, Arnaud Montebourg, ancien ministre du Redressement productif, avait opposé son veto au projet de rachat du service de vidéo en ligne par le groupe américain Yahoo!. Le PDG d'Orange Stéphane Richard avait déclaré à la mi-mars qu'il était "en simples négociations" avec le fonds hongkongais PCCW pour prendre une participation minoritaire dans Dailymotion et ne menait aucune négociations exclusives. Selon lui, le groupe PCCW, présent dans les télécoms, les médias et d'autres secteurs et dirigé par Richard Li, fils cadet du milliardaire Li Ka-Shing, est "un acteur puissant qui peut nous donner un accès au marché chinois".

Pourquoi vouloir préserver Dailymotion ? Pour continuer à se développer et tenter d'exister face au mastodonte Youtube, propriété de Google, Dailymotion doit trouver des partenaires et des investisseurs. De prime abord, s'allier avec une entreprise asiatique est un pari prometteur, cette région étant la seule où Youtube n'a pas percé et où l'audience potentielle est immense. 

Mais vendre  Dailymotion, c'est aussi prendre le risque de perdre des compétences et un écosystème : outre les équipes françaises de l’entreprise, c'est toute une nuée de start-up, de prestataires et de fournisseurs de services qui gravitent autour de Dailymotion. Et qui pourraient mettre la clef sous la porte en cas de rachat de Dailymotion.

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