Loi Travail : le sort de la manifestation parisienne en suspens

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Loi Travail : le sort de la manifestation parisienne en suspens
Le sort de la manifestation prévue jeudi contre la loi Travail reste en suspens. @ DOMINIQUE FAGET / AFP
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La tenue de la manifestation prévue jeudi à Paris contre la loi Travail reste en suspens. 

Le gouvernement va-t-il interdire le défilé parisien contre la loi Travail jeudi? Après 24 heures de négociations, le sort de la manifestation restait en suspens mardi, les syndicats ayant persisté dans leur refus d'un "rassemblement statique".

"Aucune décision n'a été prise". Mardi en fin de matinée, une réunion à la préfecture de police a débouché sur un "constat de désaccord", selon les syndicats d'Ile-de-France qui ont "catégoriquement refusé" un rassemblement place de la Nation. Ils ont précisé avoir fait des "propositions alternatives de parcours": Bastille-Place d'Italie, ou Denfert-Rochereau-Place d'Italie. "Les discussions se poursuivent et à ce stade aucune décision n'a été prise", affirmait-on à la préfecture de police en fin d'après-midi.

Le fil des événements. Les sept syndicats contestataires (CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, UNL et Fidl) souhaitaient initialement défiler entre la place de la Bastille et la place de la Nation jeudi à 14 heures, dans le cadre d'une journée de mobilisation contre le projet de loi travail dans toute la France. Un trajet court pour "tenir compte", selon eux, des conditions de sécurité. Mais les autorités insistent depuis lundi pour qu'ils choisissent une manifestation statique plutôt qu'un défilé, en invoquant des raisons de sécurité, après les violences qui ont émaillé la manifestation nationale du 14 juin dans la capitale. Faute de quoi, ont-elles prévenu, la manifestation sera interdite - une mesure exceptionnelle.

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve avait même écrit lundi au numéro un de la CGT Philippe Martinez pour lui dire que "dans ce contexte de tension et de heurts récurrents (...), le renouvellement à l'identique d'une manifestation itinérante le 23 juin n'apparaissait pas envisageable". Mardi, il en a appelé "à la responsabilité" des syndicats, soulignant le "niveau de menace extrêmement élevé avec un niveau de sollicitation extrêmement fort depuis plusieurs semaines des forces de l'ordre".

Le syndicat de police prend position. Alliance, premier syndicat de gardiens de la paix, a demandé le report du défilé "comme d'ailleurs de tout rassemblement statique, car nos collègues sont sur tous les fronts et sont épuisés", a déclaré Frédéric Lagache, secrétaire général adjoint du syndicat de police, faisant référence notamment à l'Euro de football et à la lutte contre le terrorisme. Une autre journée de mobilisation est déjà programmée le 28 juin, avec un appel à manifester de Nation à place d'Italie.