L'État va lâcher 3 milliards pour renflouer EDF

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L'État va lâcher 3 milliards pour renflouer EDF
Jean-Bernard Lévy, PDG d'EDF, en discussions avec le ministre de l'Économie Emmanuel Macron.@ ERIC PIERMONT / AFP
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Le groupe EDF reçoit un soutien appuyé du gouvernement dans sa volonté d'augmentation de capital.

EDF a dévoilé son plan d'économies. Alors que le groupe subit la forte baisse des prix de l'électricité en Europe et doit financer à moyen terme une batterie d'investissements colossaux, il entreprend une série de mesures qui visent à "lui permettre, face à ces conditions de marché défavorables, de poursuivre son développement stratégique" d'ici 2030, a indiqué le groupe vendredi à l'issue d'un conseil d'administration.

  • Augmentation du capital d'environ 4 milliards d'euros

EDF a annoncé son intention de lancer d'ici la fin de l'année une augmentation de capital d'environ 4 milliards d'euros. Le groupe espère atteindre ce résultat d'ici fin 2016, "si les conditions de marchés le permettent". L'État entend y participer à hauteur de 3 milliards d'euros, ont annoncé vendredi Michel Sapin et Emmanuel Macron dans un communiqué. Le gouvernement indique également qu'il accepte de recevoir ses dividendes des exercices 2016 et 2017 du groupe en actions plutôt qu'en numéraire, comme le propose l'électricien (une mesure qui lui évite de puiser dans sa trésorerie), tandis que l'ouverture du capital du gestionnaire du réseau électrique haute tension RTE, filiale à 100% d'EDF, sera mise en oeuvre "d'ici fin 2016".

  • Un plan de réduction des coûts

EDF entend désormais diminuer ses charges opérationnelles d'un milliard d'euros en 2019 par rapport à 2015, bien au-delà des 700 millions qu'il visait déjà en 2018. Le géant de l'électricité va également réduire de 2 milliards d'euros les investissements prévus entre 2015 et 2018, et entend céder pour 10 milliards d'euros d'actifs au cours de la période 2015-2020. Ces cessions incluront notamment une "évolution du capital" de RTE, autrement dit une cession totale ou partielle du gestionnaire du réseau électrique haute tension, actuellement détenu à 100% par EDF, une hypothèse qui était à l'étude depuis des mois.