Les sales manœuvres des géants de la lessive

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Les sales manœuvres des géants de la lessive
@ Reuters
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Trois géants de la lessive sont accusés d'avoir constitué un cartel illégal.

L’Union européenne a déballé mercredi le linge sale des plus grands fabricants de lessive. L'anglo-néerlandais Unilever et l'américain Procter and Gamble sont accusés d’avoir constitué un cartel illégal. Sont notamment concernés Le Chat et Mir pour Henkel, Omo et Skip pour Unilever, Ariel et Bonux pour Procter and Gamble. Et l'amende infligée est salée: 315 millions d'euros.

Première victime de cette entente : les consommateurs. Les deux entreprises s'étaient entendues avec l'allemand Henkel pour se partager les parts de marché et "ne pas baisser les prix quand la taille des paquets diminuait", a expliqué le commissaire européen à la Concurrence, Joaquin Almunia.

Henkel sort indemne

Unilever devra payer 104 millions d'euros et Procter and Gamble 211,2 millions d'euros. Tous deux ont obtenu des réductions du montant de leur amende parce qu’ils ont coopéré avec Bruxelles et reconnu leur culpabilité pour obtenir un accord à l'amiable. L’allemand Henkel sort de son côté indemne de cette affaire, puisque c’est lui qui a dénoncé l'existence du cartel à Bruxelles.

Pour se concerter sur cette entente, les trois groupes utilisaient une organisation professionnelle au sein de laquelle ils étaient censés améliorer les performances écologiques de ces produits. En réalité, "ils ont profité de ces discussions pour organiser un cartel", a expliqué Joaquim Almunia.

"Dispositif renforcé"

Le cartel couvrait la France, la Belgique, l'Allemagne, la Grèce, l'Italie, le Portugal, l'Espagne et les Pays-Bas. Il a duré environ trois ans, de janvier 2002 à mars 2005.

Henkel a assuré avoir "pris des mesures efficaces" pour "empêcher que de tels comportements se reproduisent". Unilever a pour sa part affirmé avoir "renforcé" son dispositif interne en redonnant une formation sur les règles de la concurrence à "tous les responsables clé en Europe".

Enfin, la Commission rappelle que tout consommateur ou entreprise de l'UE qui s'estime lésée dans cette affaire "peut saisir les tribunaux pour demander des dommages-intérêts".