Les Lejaby écrivent à Sarkozy

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Les Lejaby écrivent à Sarkozy
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Ces ouvrières disent leur "indignation" et réclament la reprise de l'activité de leur usine.

"Nous allons recevoir toutes et tous nos lettres de licenciement après des dizaines d’années de travail au rendement pour des salaires voisins du SMIC". L’amertume domine la courte lettre ouverte que les 93 employés de l’usine Lejaby d’Yssingeaux, en Haute-Loire, ont envoyée, lundi, à Nicolas Sarkozy.

> Pour découvrir la lettre des ouvrières de Lejaby, cliquez ici.

Depuis l’annonce de la reprise de l’entreprise par Alain Prost, qui signe la fermeture de l’usine, les salariés, majoritairement des femmes, sont envahis par la tristesse et la colère. Dans cette lettre, les Lejaby font part de leur "indignation" à Nicolas Sarkozy, dénonçant les délocalisations des productions en Tunisie et "la recherche permanente de la baisse de la rémunération du travail".

Une préretraite à 55 ans

Dans une dernière tentative, ces ouvrières réclament "le redémarrage de notre atelier et la ré-industrialisation du site". Mais elles ne sont pas dupes. Depuis mercredi, jour de l’annonce de la reprise, elles savent que leur sort est scellé.

Leur ultime combat est celui de l’après-Lejaby. Que leur arrivera-t-il ? "Beaucoup d’entre-nous ont plus de 35 ans d’ancienneté. Nous préférons être préretraités plutôt que chômeurs ou percevoir le RSA. Nous demandons donc la mise en place d’une préretraite à 55 ans, surtout à un moment où notre jeunesse est sans emploi". Elles revendiquent aussi "une prime de licenciement à la hauteur de la prime précarité, soit 10% de nos salaires travaillés".

"Toujours plus de chômage"

Fermes, les salariées réclament "des réponses concrètes, pas des promesses ni des discours". Et pas seulement pour elles. Leur réquisitoire dépasse largement leur situation personnelle. "Nous avons bien conscience que nous ne sommes pas les seuls. Notre situation est semblable à des centaines de milliers de nos compatriotes. (…) Nous refusons cette perspective qui conduit à toujours plus de chômage et toujours moins de salaire !" Avant de conclure qu’il est "un devoir de s’opposer à l’injustice".