Les "Fralib" obtiennent 20 millions pour relancer leur usine

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Les "Fralib" obtiennent 20 millions pour relancer leur usine
Après trois années de conflit social sur le site de Gemenos, Unilever a finalement accepté de donner 20 millions d'euros à ses anciens salariés pour qu'ils développent leur scop.
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L’entreprise anglo-néerlandaise Unilever, précédemment propriétaire du site, a accepté de donner cette somme pour mettre fin au conflit qui l'opposait à ses anciens employés.

Les ouvriers de l'usine Fralib de Gémenos dans les Bouches-du-Rhône, en lutte depuis trois ans et demi contre Unilever, ont signé lundi un accord de fin de conflit avec la multinationale, obtenant près de 20 millions d'euros pour leur projet de scop.

"C'est une victoire symbolique qui doit donner de l'espoir à tous ceux qui luttent pour la sauvegarde de leur emploi", a déclaré mardi matin Thierry Pettavino, le secrétaire fédéral de La CGT des Bouches-du-Rhône au cours du conférence de presse dans l'usine, devant les 76 employés qui ont mené le combat.

Fin de procédure. De son côté, la direction indique dans un communiqué que la signature de cet accord "met un terme à l'ensemble des litiges et procédures en cours entre les deux parties, dans le cadre de la fermeture du site de Gémenos intervenue en septembre 2012".

La filiale française de la multinationale anglo-néerlandaise précise que l'accord prévoit "l'accompagnement des 14 salariés concernés (des syndicalistes toujours salariés à ce jour, NDLR); les conditions de l'indemnisation des anciens salariés qui n'ont pas encore transigé (62 salariés sur un effectif de 182 en 2012); un volet financier destiné à soutenir le possible démarrage d'une Scop (...)".

Lutte contre la délocalisation. Les ouvriers de cette usine des Bouches-du-Rhône, qui était la seule en France à produire les thés Lipton et les infusions Eléphant, une marque centenaire créée à Marseille, souhaitent poursuivre leur activité au travers d'une coopérative ouvrière (Scop-Ti) et se sont opposés durant trois ans au groupe Unilever, qui a délocalisé la production en Pologne.

Depuis septembre 2012, les salariés ont ainsi occupé l'usine pour que les machines ne soient pas déménagées et ont également mené la lutte sur le terrain judiciaire, obtenant notamment l'annulation de trois PSE successifs.

Un conflit de plus de trois ans. Après trois ans sans contact, Unilever France a renoué le dialogue avec les représentants des salariés, a indiqué Olivier Leberquier, l'un des responsables CGT, après la décision, en octobre, d'un juge de l'exécution (JEX) du TGI de Nanterre condamnant le groupe à verser une astreinte de 3.000 à 10.000 euros par jour s'il ne reprenait pas les discussions sur un 4e PSE.

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