Les fausses immatriculations des constructeurs auto

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Les fausses immatriculations des constructeurs auto
Si les voitures qui attendent sur le parking des concessionnaires sont immatriculés, on ne sait pas si c'est le cas dans les salons de l'automobile.
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INFO E1 - La plupart des constructeurs ont limité la casse en 2013 en gonflant artificiellement leurs ventes.

L'INFO. Le marché automobile français a essuyé une baisse de 5,7% en 2013, avec 1,79 million de voitures neuves immatriculées, ce qui l'a fait renouer avec ses plus bas niveaux depuis 15 ans. Cela dit, le bilan aurait pu être encore pire si les constructeurs n'avaient pas gonflé artificiellement les statistiques. En effet, selon les informations d'Europe 1, une voiture immatriculée sur dix n'a en fait pas été vendue.

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Une manipulation pour maquiller son bilan. La technique est simple : les concessionnaires immatriculent des véhicules, mais ne les vendent pas. Ces voitures apparaissent donc dans les statistiques publiées tous les mois par le Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA).

Ces véhicules restent sur le parking du concessionnaire et sont revendus plus tard, à un prix réduit car ils sont alors considérés comme des voitures d'occasion. C'est ce que les initiés appellent "la planche à carte à grises", une technique qui permet aux concessionnaires de respecter les objectifs fixés par le constructeur et de toucher des primes.

Une voiture sur dix concernée en 2013. Cette technique hasardeuse a permis de faire passer dans les chiffres de vente de 2013 270.000 véhicules, 10% de la production. Un chiffre en hausse de 1,5 % alors que le marché a dans le même temps reculé de 5,7 %. Cette pratique a donc largement contribué à limiter la dégringolade des ventes.

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© RENAULT

Renault et Peugeot ont bien plus utilisé ce type d'immatriculations en 2013 qu'en 2012 : + 12 % pour la marque au losange et + 9,3 % pour la marque au lion. Mais les constructeurs français ne sont pas les seuls à utiliser ce système, car s’il y a un constructeur qui a vraiment abusé de cette pratique, c'est Fiat. Le groupe italien a immatriculé via ce système 25 % de ses véhicules sur l'année 2013.

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