Les entreprises françaises en Russie craignent le retour de bâton

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Les entreprises françaises en Russie craignent le retour de bâton
L'entreprise Renault est très implantée en Russie (illustration)@ Reuters
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Rien n'empêche Moscou de se venger des sanctions européennes sur les entreprises françaises implantées en Russie. 

L'INFO. L'Union européenne et la France ont annoncé lundi des sanctions contre la Russie, en représailles au référendum qui s'est déroulé en Crimée. En réponse, Moscou pourrait également décider de faire monter d'un cran la pression, en retournant les sanctions contre les 500 entreprises françaises implantées en Russie.

Grande distribution et luxe. Ce que craignent ces entreprises françaises, c'est que Moscou relève les droits de douane. Une telle réponse aux sanctions inquiète tout particulièrement la grande distribution, la marque Auchan en première ligne. La Russie est le deuxième marché de l'entreprise française, où elle a diversifié son activité avec deux autres enseignes, écrivait le quotidien Les Echos.

Mais d'autres marchés pâtiraient également du relèvement des droits de douane, comme les produits de luxe, avec L’Oréal.

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Rendre la pareille. Et puis il y a aussi les programmes stratégiques où l’Etat russe est donneur d’ordre. Laurent Fabius a bien évoqué la suspension de la livraison de deux navires Mistral commandés par la Russie. Moscou pourrait rendre la pareille à Paris. Le programme ferroviaire russe se fait ainsi avec le Français Alstom.

L'entreprise russe Soukhoï Civil Aircarft Company a également lancé le projet d'un nouvel avion de ligne civil, conçu en Russie, le Superjet. Mais les moteurs de cet appareil seront français. Safran, l'industriel tricolore, est pressenti comme fournisseur de moteurs.

La France en première ligne. Un industriel interrogé par Europe 1 craint sérieusement que les Russes frappent "là où ça fait mal". Selon lui, ils feront des exemples pour faire peur aux autres pays. Tout l'intérêt de Moscou sera alors de préserver autant que possible ses partenariats commerciaux avec l'Allemagne et les Etats-Unis, autrement plus importants que les relations avec la France. Les Français seraient donc en première ligne.

Une instabilité qui inquiète. D'autres grands groupes français sont implantés dans le marché russe, par exemple Renault et Michelin. Ces deux grandes entreprises du secteur automobiles craignent quant à eux la dévaluation du rouble qui se profile à l'horizon. Cette fluctuation monétaire va avoir un impact sur leurs résultats financiers. Pour tenter de préparer le coup, Renault a déjà relevé les prix de ses Lada.

Les grands dirigeants français ont prévu de se réunir au Medef pour une réunion de crise sur ce sujet en fin de semaine.

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