Les éleveurs de porcs français à nouveau confrontés à la crise

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L'embellie aura été de courte durée pour les producteurs de porcs. Deux ans après la grave crise à laquelle ils avaient dû faire face, ils sont à nouveau confrontés à la chute des cours. 

REPORTAGE

Au marché du porc breton de Plérin, dans les Côtes-d'Armor, la courbe est continue depuis des semaines, et affiche péniblement 1,18 euro le kilo, soit dix centimes de moins que le prix de revient. Un prix qui rappelle les pires heures de 2015, lorsqu'une grave crise avait déjà frappé les producteurs de plein fouet. Ces derniers avaient fini par bénéficier d'une embellie liée à la forte demande chinoise… Mais elle n'aura duré qu'un an et demi. 

"Un billet de 100.000 euros qui s'envole". En quelques mois, les cours ont brutalement chuté, ce qui suscite une très forte inquiétude chez les professionnels. "On craint que cette chute renvoie les producteurs aux pertes abyssales qu'on a connues il y a quelques années. En deux mois, on a perdu trente centimes du prix du kilo. Pour un éleveur qui produit 4.000 cochons par an, c'est un billet de 100.000 euros qui s'envole, comme ça", déplore Paul Auffray, président de la Fédération nationale porcine, au micro d'Europe 1.

"Ça ne va pas durer six mois". Cette fois, ce possible bis repetita s'habille d'horizons funestes. "En 2015, on était dans le mur. Quand il y a eu l'embellie, on s'est dit 'ouf, on va pouvoir respirer'. Même pas un an après et on retombe dans les travers de 2015. Là, c'est insoutenable, c'est catastrophique", s'émeut Nicolas Leborgne, éleveur à Pluduno, dans les Côtes-d'Armor. "Malheureusement, les éleveurs n'ont plus de trésorerie pour faire face à une crise aussi brusque. Moi, je vends à perte, ça ne va pas durer six mois. J'ai plus de 100.000 euros de dettes, c'est énorme !", confie-t-il.

Les producteurs espèrent un répit, à la mi-février, avec la célébration du Nouvel an chinois, qui dope habituellement la consommation mondiale. Dans les Côtes-d'Armor, on croise les doigts.