Les consignes de silence de Carlos Ghosn

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Les consignes de silence de Carlos Ghosn
Le P-DG de Renault aurait demandé de dissimuler des informations mettant en cause un responsable de Nissan.@ Reuters
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Le P-DG de Renault aurait demandé de cacher des informations touchant un responsable de Nissan.

Nouvel épisode dans l’affaire Renault. La direction du groupe automobile aurait demandé aux responsables de la sécurité de l’entreprise de dire le minimum aux enquêteurs quand l’affaire de vrai-faux espionnage a ébranlé le groupe. A savoir, s’en tenir uniquement au cas des trois cadres licenciés.

Selon Le Parisien, la consigne aurait émané du P-DG Carlos Ghosn lui-même pour épargner le directeur général de Nissan, Toshiyuki Shiga, dénoncé lui aussi par la source mystérieuse pour avoir touché 8,5 millions d’euros de pots de vin.

Rémi Pagnie, le directeur de la sécurité de Renault, a finalement été autorisé par sa hiérarchie à évoquer le cas du responsable de Nissan devant la Direction centrale du Renseignement Intérieur (DCRI). Mais comme la source mettant en cause le responsable japonais est celle qui a conduit à l’éviction à tort de trois cadres de Renault soupçonnés d’espionnage, le DG de Nissan a été lui aussi blanchi.

L’attitude de Carlos Ghosn irrite l’Elysée

Cette histoire de dissimulation pour protéger un cadre de Nissan fragilise néanmoins le patron de Renault. L’Elysée lui reproche en effet de s'investir davantage pour Nissan que pour Renault.

Par ailleurs, du côté gouvernement, on apprécie peu que l’essentiel de la rémunération de Carlos Ghosn vienne de Nissan. Le patron du constructeur automobile est même soupçonné de vouloir modifier le capital de son entreprise pour réduire le poids de l’Etat, voire transformer Renault en filiale de Nissan. Ce qui irrite au plus haut point Paris.

Ces nouvelles révélations sur l’attitude de P-DG de Renault pendant l’affaire font mauvais effet. D’autant que lundi prochain, l’audit indépendant qui doit établir les responsabilités dans l’affaire Renault sera présenté au conseil d’administration. Le gouvernement attend ce rapport pour réclamer des sanctions.