Les agences de notation "mal" notées

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Les agences de notation "mal" notées
Quand les investisseurs notent les agences de notation.
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C'est ce que révèle un sondage Ifop, dans lequel les investisseurs notent ces agences.

C'est l'arroseur arrosé. Les investisseurs ont noté les grandes agences de notation et ils sont plutôt sévères, révèle un sondage Ifop pour le Sénat diffusé mercredi. Cette enquête souligne qu'une large majorité d'investisseurs souhaitent des changements dans le fonctionnement de ces agences afin de faciliter leur mise en cause, de réduire les conflits d'intérêt et de renforcer la concurrence entre elles.

80% veulent faciliter leur mise en cause

Ainsi, 80% des 352 investisseurs interrogés souhaitent faciliter la mise en cause des agences. Ils sont 63% à estimer que l'on pourrait dans ce but aligner leur régime sur celui des commissaires aux comptes et 17% à vouloir que cette mise en cause soit facilitée "de la manière la plus large possible".

74% des investisseurs se disent même prêts à payer pour les notations plutôt que de maintenir le système actuel de l'émetteur de dette "noté et payeur à la fois". Enfin, 64% des personnes interrogées attendent plus de concurrence sur le marché de la notation (25% un peu plus et 39% beaucoup plus).

Ce sondage a été publié dans le cadre d'une mission du Sénat français sur la crédibilité des agences. Une opération qui a été lancée le 13 mars et présidée par la sénatrice PS des Pyrénées-Atlantiques, Frédérique Espagnac, avec pour rapporteur le sénateur du Gers Aymeri de Montesquiou (Union centriste et républicaine). La question de la crédibilité est en effet liée à la responsabilité juridique de ces agences. Et pour cause, les agences sont pour l'heure inattaquables, au titre de la liberté de la presse.

La remise en question d'une industrie ?

"Les agences n'ont pas de responsabilité juridique, il est tout à fait invraisemblable que des entités qui font en quelque sorte la pluie et le beau temps sur les marchés n'aient aucune responsabilité juridique", a déclaré Michel Aglietta, professeur d'économie à l'Université Paris X-Nanterre, auditionné mardi par la mission.

Or, introduire la notion de responsabilité juridique "tuerait l'industrie (de la notation) assez rapidement", a de son côté déclaré mercredi le PDG de l'agence Fitch, Paul Taylor, en marge du congrès annuel de l'Institut de la finance internationale (IIF), à Copenhague, au Danemark.

"Cela ferait sauter le système" et "vous ne verriez plus d'agences de notation", a-t-il prévenu.