Le plan social du groupe Servier est "incompréhensible"

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Pour Thomas Hollande, l'avocat des salariés du groupe Servier, le plan social annoncé par la direction du groupe n'a pas lieu d'être.

INTERVIEW

Le plan social du groupe Servier est "incompréhensible", selon l'avocat des salariés menacés, Thomas Hollande. L'avocat, membre du cabinet LBBA et fils du président de la République, a décrit mardi dans la Matinale d'Europe 1 le "sentiment d'incompréhension et de trahison" des employés. Fin novembre, le groupe a annoncé la suppression de 610 emplois de visiteurs médicaux, sur les 690 qu'il compte en France. Les syndicats du groupe CFDT et Unsa ont appelé les salariés à manifester mardi devant le siège, une première selon la déléguée CFDT Marie-Pierre Juyoux. "Je voudrais vous dire que c’est une journée particulière, parce que nous avons prévu une grève, une manifestation aujourd’hui (mardi). C’est du jamais vu dans le groupe Servier, jamais", a-t-elle appuyé.

Un plan de réorganisation annoncé en 2014. Thomas Hollande a évoqué un plan de réorganisation amorcé par la direction du groupe Servier il y a un an et demi. "On a dit aux salariés qu’on croyait à la visite médicale. On a fait déménager certains salariés pour accepter un travail dans la visite médicale. On les a fait vendre leur maison, on a les a fait demander à leur femme ou à leur mari d’abandonner un travail, on les a fait changer leurs enfants d’école... Et dix-huit mois après, on leur dit il n’y a plus de travail pour eux, on mes met dehors."

Les ventes de médicaments protégés du groupe en France, qui s'élevaient à 237 millions d'euros pour l'exercice décalé 2014-2015, ont été divisées par deux en cinq ans, mais les ventes de génériques de sa filiale Biogaran sont en progression, a souligné l'avocat.

Empêcher tout licenciement. D'après Marie-Pierre Juyoux, plus de 230 des visiteurs médicaux du groupe Servier en France ont plus de 50 ans, ce qui diminuerait leur chance de retrouver un emploi en cas de licenciement. "On se bat pour qu’il n’y ait aucun départ contraint en 2016, c’est l’objectif principal", a quant à lui affirmé Thomas Hollande. L'avocat demande également "des mesures d'accompagnement dignes de ce nom" pour les salariés qui accepteraient de partir. Il se dit "parfaitement confiant" dans le fait que le plan social du groupe Servier ne serait ni validé par l'administration régionale du travail, ni par un juge administratif en cas de recours. "On utilisera tous les moyens pour empêcher" ces licenciements économiques, a expliqué le fils de François Hollande, qui a refusé de donner son avis sur toute question politique qui déborderait du cadre de son affaire.