Le Mistral a finalement coûté 949,8 millions d'euros à la France

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Le Mistral a finalement coûté 949,8 millions d'euros à la France
@ GEORGES GOBET/AFP
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LE CHIFFRE - Le gouvernement a rendu public "la somme convenue de 949.754.849 euros" que la France a dû verser à la Russie pour avoir annulé le contrat portant sur deux bâtiments de projection et de commandement.

L'annulation de la vente à la Russie de deux bâtiments militaires de type Mistral a désormais un coût officiel : 949.754.849 euros, selon un projet de loi mis en ligne mercredi soir sur le site de l'Assemblée nationale. Une facture qui reste néanmoins contestée parce qu'elle ne comprend pas tous les frais annexes générés.

La France a versé un peu moins de 950 millions d'euros à la Russie. En vertu d'un accord conclu le 5 août entre Paris et Moscou, le gouvernement français va verser aux autorités russes "la somme convenue de 949.754.849 euros", précise le texte présenté par le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius. Une somme qui correspond aux avances versées par la Russie pour l'acquisition des deux navires, dont le prix d'achat s'élevait à 1,2 milliard d'euros.

Une facture qui reste contestée. Après avoir gardé le montant de cette opération secret, le gouvernement l'a donc rendu public comme il s'y était engagé. Sauf que cette opération transparence laisse certains sceptiques. L'hebdomadaire satirique français Le Canard Enchaîné a ainsi affirmé que la facture grimperait à deux milliards d'euros en ajoutant une série de coûts annexes (frais de modification et de gardiennage des navires, annulation du contrat de maintenance..), ce qu'a démenti le ministre des Finances, Michel Sapin. Un député de l'opposition, Thierry Mariani (Les Républicains), a évalué de son côté l'addition autour de 1,5 à 1,6 milliard d'euros si l'on tient compte notamment du coût de "dérussification" des navires, c'est-à-dire le retrait des équipements aux normes russes.

Et deux bateaux à revendre. La France se retrouve désormais avec deux bateaux dont elle n'a pas actuellement besoin et compte donc les vendre. Selon un responsable français s'exprimant sous couvert d'anonymat, l'Égypte mène des discussions avec "une partie du financement (qui) viendra de pays du Golfe". D'autres pays seraient sur les rangs parmi lesquels le Canada et l'Inde. La Malaisie a démenti en revanche mardi avoir engagé des discussions.