La semaine où l'UE a failli éclater

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La semaine où l'UE a failli éclater
Référendum grec, chute des bourses. Retour sur les temps forts du G20.@ Reuters
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Référendum grec, chute des bourses. Retour sur les temps forts de cette semaine.

Lundi soir : coup de tonnerre. Le Premier ministre grec Georges Papandréou annonce la tenue d'un référendum et d'un vote de confiance au Parlement sur le nouveau plan d’aide européen. Aucun des membres de son entourage n’en avait été informé. Dans la foulée, l’euro rechute sous les 1.39 dollar et le CAC 40 perd plus de 3% à la clôture.

Mardi : journée noire sur les marchés boursiers. Au lendemain de l’annonce de la tenue du référendum, les bourses européennes dévissent. Affolées par cette annonce, la Bourse de Paris chute de plus de 5%, tout comme son homologue allemande (-5%), anglaise (-2,21%), ou encore italienne (-6,8%) .La Bourse d’Athènes décroche même à - 7%. Dans le même temps, le ministre grec des Finances, Evangelos Venizelos, est hospitalisé pour des douleurs à l'estomac après avoir appris au même moment que le reste de l’eurogroupe la décision de Georges Papandréou. Ce n’est pas le premier membre du gouvernement grec, sous pression, à souffrir de problèmes de santé. A l'issue du sommet de Bruxelles le 26 octobre dernier, George Glynos, un conseiller du Premier ministre avait été victime d'un infarctus et George Zanias, premier conseiller économique du gouvernement, souffrait d’hyper tension et avait été prié de se reposer.

Mardi marque aussi la démission d’une députée socialiste grecque de son groupe parlementaire, réduisant la majorité gouvernementale de Papandréou à 152 élus sur 300. Un nouveau coup dur qui fragilise le Premier ministre grec.

De son côté, l’Elysée convoque une réunion d’urgence avec François Fillon et les principaux ministres concernés Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères, François Baroin, ministre de l'Economie et des Finaces, et Jean Léonetti, ministre des Affaires européennes, ainsi que le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer. Nicolas Sarkozy appelle ensuite Angela Merkel pour l’entretenir sur la situation. Le couple franco-allemand, dans une déclaration commune, se dit "déterminé à faire appliquer le plan de sauvetage de la Grèce". Il souhaite l’adoption "rapide d’une feuille de route" pour assurer l’application de ce plan.

Mercredi : Papandréou isolé. Convoqué à Cannes juste avant l’ouverture du G20, Georges Papandréou est pressé par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel de reformuler la question du référendum. Les Grecs ne sont plus appelés à s’exprimer sur l’adoption ou non du plan de sauvetage mais sur leur volonté ou non de rester dans la zone euro. C’est la levée du tabou au sein de l’Union européenne. Certaines personnalités comme Jean-Claude Juncker, Laurence Parisot et Jean Léonetti, posent même la question du maintien de la Grèce dans l’Union européenne. L’eurogroupe se refuse en tout cas à débloquer le plan de sauvetage si elle ne remplit pas les conditions fixées. Et menace la Grèce de ne pas lui verser la sixième tranche de 8 milliards d'euros de l'aide prévue.

Jeudi : Papandréou fait marche arrière. Le G20 s’ouvre sur fond de crise grecque. Plus tard, le Premier ministre grec fait volte face et se déclare prêt à retirer son projet de référendum sur l'euro. Il a, dans un premier temps, exclu de démissionner puis aurait négocié son départ en demandant à ses ministres leur soutien pour l’adoption du plan d’aide. Sur les marchés boursiers, les voyants tournent peu à peu au vert après la baisse surprise du taux directeur de la BCE de 0.25 points, de 1.50 à 1.25%.

Vendredi : l’orage semble s’éloigner. La Grèce annonce l'abandon du référendum. Un peu plus tôt, la dernière journée du G20 avait commencé en retard en raison de rencontres entre Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et Barack Obama. Le dossier sur la transparence financière a pris le relais de la crise grecque. Pour Papandréou, le "dernier round" se jouera ce soir lors du vote de confiance au Parlement grec. Contesté dans les rangs de son propre parti, ce vote pourrait lui couter sa place. L’opposition demande déjà depuis plusieurs jours son départ et la tenue d’élections législatives anticipées. Les marchés européens ont par ailleurs clôturé dans le rouge vendredi sur fond d'incertitudes, notamment sur le vote de confiance au gouvernement grec.