La semaine où Free a changé le mobile

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La semaine où Free a changé le mobile
Xavier Niel, le patron de Free/Iliad, peut être satisfait : l'annonce de son offre de téléphonie mobile a été assez marquante pour provoquer de vives réactions parmi les consommateurs et une réajustement rapide de ses concurrents.@ MAX PPP
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RÉCIT - L'opérateur de téléphonie mobile a créé un buzz sans précédent et bousculé ses concurrents.

Si vous étiez cette semaine en vacances ou totalement déconnecté des médias, vous êtes passé à côté d’un évènement qui pourrait bien alléger votre budget : l’opérateur Free s’est lancé dans la téléphonie mobile.

Même si vous n’avez jamais songé à changer d’opérateur, cette nouvelle a néanmoins son importance puisque la concurrence a depuis promis de revoir ses tarifs à la baisse. Europe1.fr vous propose de revenir sur une semaine placée sous le signe du mobile.

Acte 1. Le show de Free

Xavier Niel ayant promis de bouleverser le secteur de la téléphonie mobile, il a fait les choses en grand mardi matin : tenue décontracté et gestuelle soignée, le PDG du groupe Iliad/Free a signé un one-man show clairement inspiré de ceux de l’ancien PDG d’Apple, Steve Jobs.

Bilan, cette annonce a provoqué un "bruit médiatique" énorme, l’équivalent d’une campagne de communication évaluée à 8 millions d’euros. Les articles d’Europe1.fr consacrés au sujet ont été les plus lus tout au long de la semaine et notre question du jour consacrée à cette annonce a dépassé les 40.000 votes.

Parlons concrètement : le nouvel arrivant a cassé les prix. Il propose notamment pour 19,99 euros un forfait sans engagement avec appels et SMS illimités, sans oublier l’accès à Internet. L’autre offre qui a marqué les esprits est qualifiée par Xavier Niel de "forfait social", synonyme de 60 minutes de communications et de 60 SMS pour 2 euros par mois. Free Mobile a donc clairement cassé les prix, d’autant que ces offres sont encore moins chères pour les abonnées Internet du groupe.

Acte 2. Les consommateurs s'en mêlent

Brocardés par les associations de consommateurs et condamnés à plusieurs reprises par l’UE pour des ententes sur les prix, les trois opérateurs historiques n’ont jamais engagé de guerre des prix. Free débarquant avec des offres deux à cinq fois moins chères que la concurrence, les consommateurs n’ont pas tardé à réagir.

"La chanson de la libre concurrence, serinée depuis des années, était pleine de fausses notes", a ainsi réagi Paulopaulo, rejoint par Beryl76, qui a lâché, plein d’amertume : "c’est pas compliqué, on s’est tous fait avoir". Une exaspération dont a profité Xavier Niel pour marteler que les Français ont longtemps été les "pigeons " et les "vaches à lait" du triumvirat Orange-SFR-Bouygues.

Les consommateurs n’ont pas eu besoin de beaucoup de temps pour comparer les tarifs et se sont rués chez Free, qui a été victime de son succès. Son site internet et son standard téléphonique ont été saturés pendant 48 heures, tandis que de longues files d’attente se sont formées devant ses rares boutiques. "Hier [mardi], on a vécu quelque chose qui ne nous était jamais arrivé de notre vie : on avait en moyenne plus d’un million de demandes à traiter par minute, donc on était saturé", a reconnu Xavier Niel mercredi soir.

Acte 3. La concurrence contre-attaque

Si les rappels à l’ordre de l’UE n’ont pas dissuadé les opérateurs classiques de renoncer à leurs confortables marges, l’exode annoncé de leur clientèle les a forcés à réagir.

Jeudi, soit moins de deux jours après l’annonce de Free Mobile, chacun proposait de nouveaux forfaits, avec une nuance de taille : SFR et Orange n’ont révisé leurs tarifs que sur leurs forfaits low-cost, les offres classiques restant inchangées. Jusqu’à quand ?