L'Union bancaire racontée façon Star Wars

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L'Union bancaire racontée façon Star Wars
Les ministres des Finances européens se réunissent mardi et mercredi pour préparer le sommet du 19 décembre. Principal objet des débats : la création d'une Union bancaire.@ Ralph Orlowski / Reuters
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QUE LA FORCE SOIT AVEC EUX - Les dirigeants européens se réunissent pour parvenir à un accord sur la supervision des banques.

L'INFO. Si un accord était signé, historique cela serait. Les ministres des Finances européens se réunissent mardi et mercredi pour préparer le sommet du 19 décembre. Principal objet des débats : la création d'une Union bancaire, en discussion depuis plus d'un an. "Le principe : si une banque tombe, les États européens seront solidaires entre eux. Les 28 ne feront qu'un et ne laisseront pas un État renflouer ses banques tout seul", explique l'éditorialiste d'Europe1, Nicolas Barré. Ce serait selon lui "une formidable avancée politique, presque aussi historique que l'avancée de l'euro".



L'union bancaire, un accord historiquepar Europe1fr

>>> Mais que reste-t-il encore a trancher ? Reste-t-il encore des points de divisions ? Qu'y a-t-il de déjà fixé? On a demandé au professeur Yoda de vous expliquer le projet, en comparant le projet d'Union bancaire au monde dans lequel il évolue dans Star Wars, le film de Georges Lucas.

L'endettement excessif, combattre il faudra. L'idée n'est pas de révolutionner le système du libéralisme bancaire, mais d'en maitriser son côté obscur. L'ennemi, c'est l'endettement excessif des banques. Et la principale "victoire" de cette menace fantôme a été signée en 2008, lorsque les Etats européens ont dû injecter des milliards au frais des citoyens pour renflouer les banques. Il faudra notamment combattre le "sith" (sorte de chevalier noir agissant pour faire pencher le système du côté obscur) le plus puissant de l'endettement bancaire : la spéculation à outrance. Pendant des années, les banques ont cédé à la noire tentation d'un capitalisme financier complètement débridé, coupable de dérives telles que l'échange à des quantités monstres et à une vitesse incontrôlable de titres financier toxiques.



Une autorité de sages, créer il faudra. Dans l'univers inventé par Georges Lucas, la République fédérale est protégée par un Conseil de "Sages", intouchables et non élus par le peuple : les jedis. Leurs missions : surveiller la montée du côté obscur de la force et empêcher qu'il ne contamine le système. Sur le principe, l'Union bancaire, c'est presque pareil. Elle reposera en effet sur une autorité de supervision bancaire confiée à la Banque centrale européenne (BCE). Or, la BCE est dirigée par un directoire de six membres non élus par le peuple, choisis pour leur expérience en matière monétaire ou bancaire, que l'on pourrait comparer au Conseil des jedis.



Dans le cadre de l'Union bancaire, cette autorité sera chargée d'envoyer sur le terrain, au sein des 6.000 banques européennes concernées par le projet, des "reporting", des agents chargés de vérifier que les établissements ne sombrent pas  du côté obscur, à l'instar de ce que font les chevaliers jedis. Si une banque ne maîtrisant plus ses dettes est repérée, les "reporting" la signalent. Il restera ensuite deux options : la renflouer avant qu'elle ne sombre, ou décider de sa mise en faillite.



La démocratie, respecter il faudra. Ce qui inquiète certains dirigeants européens, à commencer par l'Allemagne, c'est de donner trop de pouvoir à la BCE. Dans le système de Star Wars, avant qu'il ne sombre du côté obscur, les grandes décisions sont votées par un Sénat élu par le peuple. Et la question qui fâche encore au sujet de l'Union bancaire est : qui décide et qui paie pour la mise en faillite d'une banque ou la levée de fonds publics pour la renflouer ?

Pour plus d'efficacité, certains dirigeants européens, dont la France, veulent que ce soit  la BCE. Mais Berlin préfère que ce soit les Etats, et donc une autorité locale élue par le peuple, qui décide de cette mise en faillite. Les "Sages" de la BCE sont jugés par l'Allemagne trop éloignés des réalités locales. Berlin préfère, en effet, garder un contrôle sur ses propres banques, et ne pas la confier à une autorité extérieure. Après tout, le côté obscure vient souvent des jedis eux-mêmes.