L'ouvrier chinois trop cher pour H&M

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L'ouvrier chinois trop cher pour H&M
Les hausses de salaires des ouvriers chinois poussent les industriels à s'implanter dans d'autres pays où la main d'oeuvre est moins chère.@ Maxppp
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Le groupe suédois a annoncé lundi qu'il envisageait de déplacer certaines usines en Ethiopie pour faire des économies.

L'info. Le géant du prêt-à-porter H&M envisage de réduire sa présence en Chine. Alors que l'Asie concentre aujourd'hui 80 % des usines du groupe, la direction a annoncé lundi qu'elle envisageait de délocaliser ses sites de fabrication chinois pour s'installer en Ethiopie. "Nous sommes une entreprise vaste et nous cherchons constamment de nouveaux marchés d'achat potentiels", a expliqué Camilla Emilsson-Falk, porte-parole de H&M.

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Comprenez : des pays où la production se fait à coût plus réduit. Des commandes-tests ont d'ailleurs été passées auprès de fournisseurs éthiopiens, qui doivent bâtir des usines d'ici à la fin de l'année. Mais H&M ne sait pas encore combien de ces fournisseurs seront retenus et quand ces usines seront prêtes.

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Les salaires chinois en forte hausse. Pour H&M, cette délocalisation pourrait permettre de dégager d'importantes économies. Les salaires chinois progressent en effet  à une vitesse faramineuse. Selon le bureau des statistiques de Pékin, le salaire moyen dans le privé a ainsi augmenté de 17,1 % l'an dernier, après 18,3 % en 2011. Résultat, les ouvriers chinois, ultra-compétitifs il y a quelques années, sont aujourd'hui de moins en moins rentables aux yeux des groupes occidentaux et doivent faire face à la concurrence d'autres pays émergents, notamment en Asie du Sud-Est et en Afrique.
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© REUTERS

1 entreprise sur 5 prête à suivre le mouvement. Le constat dressé par H&M n'est d'ailleurs pas un cas isolé. Selon le Business Confidence Survey 2012 de la chambre de commerce de l'Union européenne en Chine, 22 % des entreprises européennes envisageaient l'an dernier de se désengager du pays, les deux-tiers d'entre elles citant la hausse du coût du travail comme principal motif d'inquiétude. C'est notamment le cas de l'équipementier Adidas qui, il y a cinq ans déjà, avait fermé certains de ses sites chinois pour se rabattre sur l'Inde, le Vietnam ou encore l'Indonésie.