L'ombre de la redevance télé plane sur les tablettes
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ZOOM - Les parlementaires PS doivent trouver un financement pour l’audiovisuel public.

L’info. L’audiovisuel public, privé de publicité après 20 heures depuis 2009, a besoin d’une nouvelle source de financement. Le gouvernement a donc confié le soin à un groupe de travail, composé de parlementaires de la majorité et de représentants de Matignon et des ministères de la Culture et du Budget, de lui faire des propositions pour la loi de finances de 2014. Une piste est avancée : l'extension de la redevance aux ordinateurs et tablettes.

Pourquoi réformer ? Le groupe France Télévisions est confronté à de grosses difficultés budgétaires depuis que le précédent gouvernement a supprimé la publicité après 20 heures. Et la situation pourrait encore s’aggraver. En compensation, la précédente majorité avait en effet décidé de taxer les opérateurs télécoms et les fournisseurs d'accès Internet à hauteur de 0,9% de leur chiffre d'affaires. Problème : la Commission européenne a sommé la France d'abolir cette taxe. Paris a refusé de s’y plier. Mais si, le 27 juin, l'Union européenne confirme l'annulation de cette "taxe Copé", cela "créerait un manque à gagner supplémentaire de 200 millions d'euros pour l'audiovisuel public", a calculé David Assouline, sénateur mais aussi membre du groupe de travail. Une somme qu'il faudra donc chercher ailleurs.

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Taxer les tablettes, LA solution ? Celui qui est également porte-parole du Parti socialiste, a avancé lundi quelques idées sur le site du Monde, à commencer par la taxation des tablettes et ordinateurs, une idée qui revient comme un serpent de mer. Dans un souci de justice, David Assouline (photo), estime que la redevance "doit être rendue plus claire, plus lisible." Et de proposer de "ne plus l'asseoir uniquement sur les téléviseurs, mais sur la capacité dans chaque foyer de capter l'audiovisuel public. On paierait donc la redevance quand il y a un capteur permettant de recevoir l'audiovisuel public : ordinateur, tablette", avance-t-il, précisant que l’usager ne paierait qu'une fois, même s’il a plusieurs écrans. Une proposition qui avait été retoquée par la gauche en 2012, qui avait alors préféré augmenter la redevance audiovisuelle de 6 euros.

D’autres solutions existent. Étendre la contribution aux résidences secondaires en est une. Une telle taxe a existé par le passé, avant d’être annulée par la droite. "Sur le principe, la rétablir serait une mesure de justice sociale : elle ne toucherait pas toute la population et son montant serait égal à la moitié de celui payé pour la résidence principale", estime David Assouline. Et de conclure : "dans mon esprit, rétablir la contribution sur les résidences secondaires est une possibilité."

Autre piste possible : permettre à France Télévisions de diffuser quelques coupures de publicité. Une mauvaise idée pour le sénateur socialiste, qui juge que "si l'on accordait à France Télévisions de nouveaux écrans de publicité, cela casserait le prix de l'écran pour toutes les chaînes."

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Souviens-toi l’été dernier… Le problème du financement de l’audiovisuel public est un sujet qui s’est retrouvé tout en haut de la pile de dossiers d’Aurélie Filippetti. Et très vite, dès le mois de juin 2012, la ministre de la Culture a avancé l’idée d’une taxation des tablettes et ordinateurs. Elle avait alors été sèchement recadrée par le ministre du Budget de l’époque, Jérôme Cahuzac. L’un des premiers couacs du gouvernement Ayrault.

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