Chômage, croissance : l'Insee pessimiste pour la fin de l'année

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Chômage, croissance : l'Insee pessimiste pour la fin de l'année
@ Reuters
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PRÉVISIONS - L'Insee a revu à la baisse sa prévision de croissance pour 2014, désormais de 0,4%, et ne se montre pas plus optimiste pour la suite.

Croissance revue à la baisse. L'économie française est bien en train de ralentir, comme le confirme l'Insee, qui a revu à la baisse jeudi sa prévision de croissance 2014 : alors que ses statisticiens prévoyaient 0,7% de croissance, leur nouvelle estimation est désormais de 0,4%. Et la fin de l'année ne devrait pas permettre de combler cet écart puisque l'Insee estime que le Produit intérieur brut ne devrait progresser que de 0,1% au troisième comme au quatrième trimestre.

Atteindre le 1% espéré par le gouvernement sera difficile. Sans donner de prévision pour 2015, car il ne s'aventure jamais aussi loin, l'Institut national de la statistique et des études économiques a toutefois indiqué que la France entamerait l'année sans filet, avec un "acquis", c'est-à-dire une réserve de croissance, de 0,1%. L'acquis de croissance désigne ce que serait la croissance moyenne l'an prochain en France si l'économie stagnait sur chacun des quatre trimestres de 2015. S'il est presque nul, cela signifie que la conjoncture n'a pas de tremplin.

En clair, la France est sûre de connaitre 0,1% de croissance, sans certitude sur la suite. Or le gouvernement a construit son budget sur une hypothèse de 1% de croissance en 2015. Un scénario jugé "optimiste" par le Haut conseil des finances publiques, organe indépendant de contrôle. 

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Une France au ralenti. Dans le détail, l'Institut a dressé le portrait d'une France au ralenti. Les ménages épargnent davantage (le taux d'épargne est prévu à 15,6% en 2014, contre 15,1% en 2013) et consomment à peine plus (+0,1% en 2014). Par ailleurs leurs investissements, c'est-à-dire essentiellement les achats de logements, s'effondrent: -7,4% attendus cette année, une baisse deux fois plus forte qu'en 2013, et un retour aux niveaux de 1998.

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Hausse du chômage attendue d'ici la fin de l'année. L'Insee n'est pas plus optimiste en ce qui concerne l'emploi, avec des prévisions là aussi revues à la baisse. Le taux de chômage devrait augmenter de 0,2 point en métropole (9,9%) et de 0,1 point avec l'outre-mer (10,3%) d'ici à la fin de l'année. L'Institut de la statistique tablait en juin sur des taux de 9,8% en métropole et de 10,2% avec l'outre-mer. Pour rappel, le ministre du Travail, François Rebsamen, s'est fixé l'objectif de maintenir ce taux sous la barre des 10% en métropole en 2014.

Ce qui pourrait relancer l'économie. Parce qu'il faut bien se ménager un peu d'espoir, l'Insee estime que la France pourrait faire mieux que prévu si le cours de l'euro continue de baisser, pour arriver une quasi parité euro-dollar, et si le secteur du bâtiment repart.