Jean-Bernard Lévy : Hinkley Point "va créer jusqu'à 4.000 emplois en France"

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Invité d'Europe 1, jeudi, le PDG d'EDF a assuré que la rentabilité de la future centrale britannique serait assurée par le prix de l'électricité outre-Manche.  

C'est une étape importante dans la préparation du projet de centrale nucléaire d'Hinkley Point : le gouvernement britannique a annoncé, jeudi, qu'il approuvait la construction par EDF de "la première centrale nucléaire depuis une génération" sur le sol anglais. Un projet contesté au sein-même d'EDF, notamment pour son coût de 14 milliards d'euros pour le groupe, déjà lourdement endetté. Invité du Club de la Presse d'Europe 1, jeudi, le PDG d'EDF Jean-Bernard Lévy a expliqué que cette somme constituait un investissement à la rentabilité "garantie" pour le groupe.

"Nous sommes des entrepreneurs". Reconnaissant l'existence de risques financiers liés au projet d'Hinkley Point, le PDG assure que ces derniers sont "mesurés et analysés". "Nous avons préparé une trajectoire financière qui tient compte des difficultés du moment, parce que les prix sont bas, parce que la dette d'EDF a augmenté toutes ces dernières années". Mais "nous sommes des entrepreneurs, des bâtisseurs", souligne Jean-Bernard Lévy, se félicitant que "cinq gouvernements britanniques successifs" aient confirmé "leur confiance dans la technologie française".

L'argument principal du PDG ? La rentabilité assurée de la centrale, qui fait des 14 milliards déboursés un simple investissement. "Nous avons un prix garanti pendant soixante ans, qui nous permet de garantir une bonne rentabilité (...). On retrouvera à peu près l'équilibre en une quinzaine d'années", explique-t-il. Même si le projet devait prendre du retard, cela n'aurait "pas vraiment d'effet", selon Jean-Bernard Lévy.

Entendu sur Europe 1
On retrouvera à peu près l'équilibre en une quinzaine d'années
Jean-Bernard Lévy, PDG d'EDF

Pas d'impact sur les factures françaises. Le PDG balaie les éventuelles inquiétudes des consommateurs français : "Ce projet n'aura pas d'impact ni sur les factures françaises, ni sur le contribuable français. C'est le consommateur britannique, entre 2025 et 2085, qui tiendra compte du prix garanti de notre nucléaire". Au contraire, Hinkley Point devrait créer "jusqu'à 4.000 emplois environ en France", assure Jean-Bernard Lévy. "Pas en permanence pendant dix ans, mais il y aura un pic", poursuit-il. "En tout, ce seront environ 25.000 personnes sur le projet total. C'est une bonne chose (...), parce que ça va permettre d'assurer la continuité entre Flamanville, qui se termine, et la suite du programme nucléaire français", assure le responsable.

"Les autres pays d'Europe, qui, comme la France, comme la Grande-Bretagne, ont construit des centrales nucléaires à partir des années 1980, vont regarder l'exemple britannique", conclut Jean-Bernard Lévy, qui pointe les engagements de réduction des émissions de carbone pris lors de la COP21. "Le nucléaire est une très bonne réponse", estime le PDG. "Ce n'est pas la seule, mais c'est une très bonne réponse."