Immobilier : acheter est devenu plus cher que louer

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Immobilier : acheter est devenu plus cher que louer
Le marché de l'immobilier est particulièrement tendu à Paris.@ JOEL SAGET/AFP
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Avec la stagnation des prix de l'immobilier, acheter et revendre un bien n'est plus une opération si rentable.

C’est une révolution : aujourd’hui, la location est souvent plus rentable que l’achat. L’Expansion a enquêté dans des villes où le marché de l’immobilier est tendu, comme Lyon, Paris ou des banlieues parisiennes chics. Conclusion : l’achat y est désormais perdant.

Stagnation des prix. Dans ces villes, il faut parfois attendre dix, quinze ans ou plus pour rentabiliser un achat immobilier, alors que la durée de détention moyenne d’un bien immobilier en France est de huit ans. On vend très tôt, souvent à cause de la naissance d’un enfant, d’un divorce ou d’un nouvel emploi. Concrètement, cela veut dire que ceux qui vendent leur logement aujourd’hui ont acheté il y a huit ans, c’est-à-dire en 2008. Le grand changement en matière d’immobilier depuis cette période est la stagnation des prix.

Et c’est un changement radical : autrefois, les acheteurs avaient l’assurance de revendre leur bien plus cher pour faire une plus-value. En résumé, ceux qui vendent aujourd’hui ont du mal à vendre au prix qu’ils ont acheté il y a huit ans. Certaines familles se retrouvent dans des situations difficiles : elles sont obligées de déménager dans l’urgence sans avoir revendu leur ancien appartement, avec en prime leur crédit immobilier à rembourser, sans compter la location de leur nouvel appartement. Les professionnels de l'immobilier, qui insistent sur les taux d'intérêt bas, voient quant à eux cette stagnation des prix comme une bonne nouvelle.

Des charges trop lourdes. Avec les nouvelles charges de copropriété, les normes thermiques, la taxe foncière, l’achat devient hors de prix. Aujourd’hui, beaucoup de jeunes sont locataires, car ils n’ont plus les moyens d’acheter. A Paris, seuls 7% des 30-35 ans sont en mesure de devenir propriétaires, contre 32% en 1998.