Heuliez tourne la page BKC

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Heuliez tourne la page BKC
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Après les fausses promesses de Louis Petiet, l’entreprise doit être reprise par un groupe turc.

Après des mois d’incertitude, l’investisseur et élu UMP Louis Petiet, repreneur désigné de l'équipementier automobile Heuliez, a renoncé lundi à son projet de reprise, faute d'avoir apporter les fonds promis pour relancer l’entreprise.

L’avenir d’Heuliez repose désormais sur les épaules de l'homme d'affaires turc Alphan Manas, qui s’est porté candidat pour reprendre l’entreprise, via Brightwell, le fonds d'investissement qu’il dirige. En discussions exclusives avec l'équipementier automobile, cet investisseur pourrait apporter 20 millions d'euros.

"Je remercie monsieur Petiet d’avoir été raisonnable", a déclaré le ministre délégué à l’Industrie Christian Estrosi, qui a affirmé qu’Heuliez "est sauvé à 99,9%" :

Le dirigeant du fond d’investissement BKC, Louis Petiet, a donné son accord lundi pour "permettre à ce nouvel entrant de détenir une très large majorité des différentes sociétés du Groupe Heuliez".

BKC n’a jamais apporté les garanties promises

Louis Petiet avait été désigné en juillet dernier par le tribunal de commerce de Niort pour reprendre l'équipementier automobile de Cerizay (Deux-Sèvres), en difficulté depuis plusieurs années, via sa société BKC. L'homme, spécialisé dans la reprise d'entreprises en difficulté, devait alors permettre la renaissance d'Heuliez et son lancement dans les véhicules électriques.

Pour ce faire, BKC avait apporté un million d'euros et était devenu propriétaire d'Heuliez à hauteur de 80%. Mais la société n'a ensuite jamais apporté en numéraire les 15 millions d'euros supplémentaires promis, laissant en suspens le sort d'Heuliez et de ses 600 salariés.

Une situation d’autant plus problématique que la région Poitou-Charentes a déjà investi 5 millions d'euros et que le Fonds stratégique d'investissement, créé par l'Etat l'an passé pour prendre des participations dans une entreprise, a provisionné 10 millions.

BKC pourrait garder une part minoritaire dans Heuliez afin de "garder un lien avec une activité qu'on aura aidée à être sauvée de la liquidation il y a six mois, à préserver 606 emplois et à remettre sur les rails", a fait valoir Louis Petiet, qui a assuré que "ce sont nos managers qui ont initié le contact depuis le mois de juillet" avec l'investisseur turc.