Hémorragie d'emplois dans les centres d'appels

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Hémorragie d'emplois dans les centres d'appels
Quelques 8.000 emplois dans les centres d'appels seront détruits d'ici fin 2014, à la suite de la guerre des prix qui se joue sur le marché de la téléphonie mobile.@ MaxPPP
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L'arrivée de Free sur le marché de la téléphonie aurait provoqué la suppression de 8.000 postes en deux ans.

Le chiffre. C'est l'équivalent du plan social monstre de PSA, qui avait tant défrayé la chronique à l'été 2012. Quelques 8.000 emplois dans les centres d'appels (ces plateformes contactées pour des problèmes liés à votre téléphone) seront détruits d'ici fin 2014, à la suite de la guerre des prix qui se joue sur le marché de la téléphonie mobile, selon les chiffres d'un syndicat professionnel cité par le Journal du dimanche. "Depuis un an, 4.000 emplois ont été détruits en France et 4.000 autres suivront dans l'année qui vient. La profession, qui compte 55.000 salariés dans l'Hexagone, a été décimée à hauteur de 15% en deux ans", déplore ainsi le Syndicat des professionnels des centres de contact (SP2C).

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La raison. Le journal affirme que la chute des prix provoquée par l'arrivée sur le marché de Free Mobile en janvier 2012 a été compensée par les opérateurs en taillant dans les coûts, notamment dans les services de relations clients. "Free a été une bombe pour nous", raconte Laurent Uberti, le président du syndicat, cité par le JDD. "Ils ne sont pas coupables, mais c'est un constat : leur arrivée a provoqué un véritable tsunami dans notre secteur". "Cela a bouleversé le modèle économique du secteur ", renchérit au micro d'Europe1 Isabelle Lejeune To, déléguée CFDT télécommunication. "Le bas coût, cela s'explique parce qu'il y a moins de service associé. Le client, notamment grâce à internet, peut trouver ses informations lui-même. Le nombre total d'appels a diminué et cela affecte, dans un premier temps, les salariés en CDD ou en intérim", poursuit-elle.

>>  Pour notre éditorialiste Axel de Tarlé, l'arrivée de Free reste une bonne nouvelle pour le pouvoir d'achat… et même l'emploi, car l'argent économisé par les ménages est dépensé ailleurs :

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Les délocalisations se multiplient. Selon les chiffres du SP2C, l'ensemble du secteur français perdra entre 400 et 500 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2013, soit entre 20% et 25% sur un an. Certains de ces emplois perdus ont été délocalisés au Maghreb, en Côte d'Ivoire ou à Madagascar, où les téléopérateurs sont deux fois moins cher qu'en France, souligne le JDD. "La délocalisation des centres d'appels est irréversible", assure Laurent Uberti. "N'en déplaise aux différents gouvernements qui s'y sont opposés", ajoute-t-il.

Montebourg va recevoir les syndicats. Le cabinet du ministre du Redressement productif a pour sa part assuré au JDD "ne pas avoir des chiffres aussi élevés" d'emplois détruits, sans donner plus de précision. Selon le JDD, Arnaud Montebourg recevra toutefois bientôt les syndicats. Durant l'été 2012, les ministres Arnaud Montebourg et Fleur Pellerin (Economie numérique) avaient demandé dans quelle mesure les opérateurs Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free pourraient rapatrier, du Maghreb notamment, une partie des emplois dédiés à leurs hotlines d'assistance technique et de service après-vente. Arnaud Montebourg avait alors affirmé que rapatrier en France 10.000 emplois dédiés à l'assistance technique des opérateurs "coûterait en moyenne 20 centimes par forfait et par mois" aux abonnés.

Dès 2012, les premiers plans sociaux. En 2012, SFR et Bouygues Telecom, qui employaient alors chacun quelque 10.000 salariés, avaient déjà tous deux annoncé des plans de départs volontaires visant à "sauvegarder leur compétitivité" face à l'arrivée fracassante de Free Mobile sur le marché de la téléphonie mobile: 556 postes pour Bouygues Telecom et 856 postes nets pour SFR.