Grèce : Christine Lagarde appelle à "alléger le fardeau" de la dette

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La directrice générale du FMI est revenue sur la crise grecque sur Europe 1, vendredi.

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Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), était l'invitée exceptionnelle de Maxime Switek, vendredi sur Europe 1. Alors qu'un nouveau plan d'aide est en cours d'adoption, elle a réaffirmé la position de l'institution de Washington sur le dossier grec : il faut "restructurer la dette pour en alléger le fardeau", a-t-elle affirmé.

Comment alléger la dette d'Athènes ? "Différentes modalités peuvent être utilisées", a estimé Christine Lagarde. La solution préconisée par la patronne du FMI consiste "à allonger considérablement les échéances, allonger également la période de grâce pendant laquelle aucun remboursement n'est effectué, et réduire les intérêts au maximum". "Nous pensons ici que l'utilisation de ces trois modalités de manière vraiment significative peut suffire à rendre la dette soutenable", a affirmé Christine Lagarde. Autrement dit, "une soutenabilité de dette, on peut tout à fait y parvenir par d'autres modalités qu'une coupe franche sur le montant de la dette", a estimé l'ancienne ministre de l'Economie de Nicolas Sarkozy.

Entendu sur Europe 1
Soyons clairs, on n'est pas parvenu à la fin d'un processus.

"C'est un processus qui s'ouvre". Pour Christine Lagarde, l'accord trouvé lundi entre Athènes et ses créanciers n'est que "le début d'une aventure". "Soyons clairs, on n'est pas parvenu à la fin d'un processus. C'est un processus qui s'ouvre, sur un calendrier très serré avec un défi colossal", a-t-elle averti. Les négociations sur les modalités précises du nouveau plan d'aide vont durer "au minimum quatre semaines", selon la patronne du FMI. "Ça ne va pas être un chemin de roses, ça sera compliqué, ça sera laborieux".

"Assez probable" que les banques grecques rouvrent lundi. La Banque centrale européenne (BCE) a relevé jeudi le montant de ses prêts d'urgence aux banques grecques, qui vont rouvrir lundi, a assuré le gouvernement d'Athènes. Une éventualité jugée "assez probable" par Christine Lagarde. "La mesure qui avait été prise par les autorités grecques de fermer les banques était une mesure absolument nécessaire", a estimé la directrice générale du FMI. "Autant cette mesure-là était totalement légitime et protectrice des épargnants et déposants, autant la mesure qui sera peut-être prise lundi est aussi de nature à rassurer. Ça voudra dire que la confiance est en train de commencer à se construire".

"Pas d'autre choix que d'adopter une ligne très ferme". Le rôle du FMI a été critiqué depuis le début de la crise, notamment par les Grecs, remontés contre les positions fermes de l'institution. "En 2010, je n'étais pas directrice générale du FMI, j'étais ministre des Finances et je n'étais pas particulièrement favorable à l'implication du FMI parce que j'espérais à l'époque qu'on saurait régler le problème entre Européens. On n'y a pas réussi à l'époque", s'est justifiée Christine Lagarde. "A l'époque, je pense qu'il n'y avait pas d'autre choix que d'adopter une ligne très ferme sur la réduction des déficits", a-t-elle ajouté.

"La politique ne me manque pas du tout". Le mandat de Christine Lagarde à la tête du FMI prend fin en juillet 2016. Sera-t-elle candidate à sa propre succession ? "Je n'en sais rien, d'abord parce que c'est trop tôt", a-t-elle éludé. "J'aime cette maison, j'aime travailler avec les équipes, mais la décision ne m'appartient pas, elle appartient aux Etats membres et je serai bien mal avisée de préjuger de ce qu'ils souhaitent faire au terme de mon mandat". Et un retour dans la vie politique française pourrait-elle tenter l'ancienne patronne de Bercy ? "La politique ne me manque pas du tout !", a assuré Christine Lagarde.

>> L'interview en intégralité :