Fraude aux normes antipollution : le patron de Volkswagen Etats-Unis rejette la faute sur "un petit groupe d'ingénieurs"

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Fraude aux normes antipollution : le patron de Volkswagen Etats-Unis rejette la faute sur "un petit groupe d'ingénieurs"
@ JULIAN STRATENSCHULTE DPA AFP.
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Michael Horn, le président de Volkswagen USA, était auditionné jeudi par le Congrès américain. Un grand oral au cours duquel il a nié toute responsabilité de la direction et pointé du doigt certains ingénieurs.

Volkswagen a-t-il sciemment organisé une fraude aux contrôles antipollution ? Sommé de répondre à cette question par le Congrès américain, le patron de la branche locale du groupe automobile a assuré jeudi que "ce n'était pas une décision d'entreprise", avant de rejeter la faute sur "un petit groupe d'ingénieurs spécialisés". Les perquisitions menées jeudi au siège de Volkswagen par police allemande pourraient permettre d'y voir plus clair et de démêler le vrai du faux.

Volkswagen US s'explique devant les élus américains. L'affaire Volkswagen ayant éclaté aux Etats-Unis, c'est tout naturellement outre-Atlantique que le groupe automobile a été sommé de répondre à une première salve des questions. Le président de Volkswagen USA, Michael Horn, était convoqué jeudi par le Congrès américain, une audition qui n'a pas apporté de grandes révélations : ce dernier a répété que la décision d'installer un logiciel truqueur n'avait pas pu être prise au plus haut niveau de l'entreprise.

"Ce n'était pas une décision d'entreprise, de ce que j'ai compris. Le conseil (de surveillance) n'a pas autorisé ceci", a-t-il déclaré, ajoutant que lui comme les autres hauts dirigeants avaient été informés de l'existence des logiciels truqueurs début septembre, soit quelques jours seulement avant que les enquêtes des autorités américaines soient rendues publiques. "C'est un petit groupe d'ingénieurs spécialisés dans le développement des logiciels qui a mis ceci en place", a assuré l'Allemand à des parlementaires qui ont tôt fait de surnommer Volkswagen le "Lance Armstrong de l'automobile".

Des perquisitions au siège du groupe. Pour tenter d'y voir plus clair et ne pas se limiter aux seules déclarations de la hiérarchie du groupe automobile, la justice allemande a mené jeudi des perquisitions au siège de Volkswagen, dans la ville allemande de Wolfsburg. Une porte-parole du parquet Brunswick a précisé que des appartements privés avaient également été perquisitionnés, y compris dans d'autres villes non précisées.

"Le but des perquisitions était de saisir des documents et des supports informatiques", susceptibles de permettre d'identifier les employés impliqués dans le trucage de onze millions de véhicules dotés d'un logiciel trompant les contrôles anti-pollution, a-t-il précisé. Trois procureurs et 50 policiers ont pris part à ces perquisitions, alors que le vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel, en visite à Wolfsburg, a réclamé "une action offensive du groupe", qui "doit faire la lumière".