Fiscalité : grogne sociale et nationale

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Fiscalité : grogne sociale et nationale
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Plan social, fiscalité, écotaxe : quel que soit le motif, les mécontents sont de plus en plus nombreux à se faire entendre.

Le contexte. Ils ont souvent des revendications très spécifiques à leur corporation, mais une chose les unit : la contestation de toutes les réformes initiées par le gouvernement. Inspirés par le succès des bonnets rouges bretons, d’autres secteurs se sont engouffrés dans la brèche avec un objectif : faire le plus de bruit dans l’espoir de faire plier Matignon et l’Elysée sur leurs revendications. Passage en revue des contestations en cours.

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© MaxPPP

Les "bonnets rouges" embrasent la Bretagne. C’est en Bretagne qu’a commencé à souffler ce vent de contestation : reprenant le nom d'une fronde antifiscale du XVIIe siècle, les "bonnets rouges" sont partis en lutte contre l’écotaxe, censée faire contribuer les transporteurs routiers au financement des infrastructures routières. Dans une région marquée par la crise de l’agroalimentaire et de l’agriculture intensive, les employés de plusieurs sociétés en difficulté se sont agrégés au mouvement, bien que leur grief n’aient souvent aucun rapport avec l’écotaxe : agriculteurs, employés des abattoirs Gad, du volailler Tilly-Sabco ou encore du numéro un mondial du saumon, Marine Harvest. Dernier coup de force en date : ces derniers, qui ont pourtant appris les 400 suppressions de postes en juin dernier, ont bloqué mardi matin le site d'expédition de Poullaouen, près de Carhaix.
>> A lire aussi : Les Bretons ressortent les bonnets rouges

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Et maintenant les bonnets verts. Inspirés par la grogne bretonne, les usagers des transports en commun ont lancé le 30 octobre le mouvement des "bonnets verts". Ces derniers dénoncent le passage en 2014 de 7 à 10% du taux de TVA sur les tickets de transport. Leur contestation est cependant moins violente que celle des bonnets rouges puisqu’elle passe par un compte Twitter dédié, un compte Facebook et la distribution prochaine de bonnets verts dans les gares. Une stratégie médiatique inspirée des poussins, ces auto-entrepreneurs qui ont su profiter des réseaux sociaux pour mieux se faire entendre.

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Les artisans jeûnent et s'affichent. Le motif d’insatisfaction des artisans ? La fin du régime adouci de TVA à 7% dont ils bénéficiaient jusqu’à maintenant pour toute rénovation de bâtiment. A partir de 2014, ce taux passera à 10%, sauf pour les travaux de rénovation thermique, dont la TVA passera à 5,5%. Martelant qu’actuellement un artisan disparaît toutes les demi-heures, Patrick Liébus, le patron des artisans du bâtiment, mène donc la fronde. La semaine dernière, des adhérents de sa fédération ont jeûné pendant quatre jours sur le viaduc de Millau. Patrick Liébus a rendez-vous à l’Elysée mardi soir mais il a prévenu : s’il n’est pas entendu, tous les artisans de France placarderont un même message de protestation dans leur entreprise le 13 novembre prochain. Une nouvelle bataille en perspective.

Les petits patrons et la grève des taxes. TVA toujours, les petits patrons de l'industrie ont quant à eux décidé de lutter pour imposer une pause fiscale. Ils menacent de ne plus reverser la TVA à l'Etat pendant un trimestre, ce qui représenterait un trou de 30 milliards d’euros dans les caisses publiques. Du jamais vu chez les patrons. Les Medef territoriaux et certaines antennes de la CGPME sont particulièrement investis, notamment en Alsace, en Savoie ou dans le Lot-et-Garonne.