Findus est à vendre, ses employés s’inquiètent

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Findus est à vendre, ses employés s’inquiètent
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AGROALIMENTAIRE - Le spécialiste du surgelé intéresse un fonds britannique, déjà propriétaire de Capitaine Iglo.

Capitaine Iglo et Findus sur un seul et même bateau ? Un tel scenario inquiète sérieusement les employés français du spécialiste du surgelé, et pour cause : le propriétaire de Findus est entré en discussions exclusives avec Nomad Holdings, déjà propriétaire de la marque Capitaine Iglo. Si ce rachat se concrétise, les employés de Findus redoutent une sévère réorganisation, synonyme de suppression d’emplois, voire de fermeture de site.

Findus intéresse un nouveau venu. Passé entre les mains de plusieurs propriétaires depuis 2006, le groupe de surgelés suédois Findus est à nouveau à vendre. Plusieurs candidats se sont manifestés, mais l’un d’eux à une longueur d’avance depuis jeudi : le groupe est "entré en discussions préliminaires exclusives avec Nomad Holdings en vue d'une éventuelle cession d'activités de Findus", a déclaré jeudi le groupe suédois, avant de préciser qu’elles "concernent les activités de Findus Europe du Nord (Suède, Norvège, Finlande, Danemark) et Findus Europe du Sud (France, Espagne Belgique)".

Findus dans les filets de capitaine Iglo ? Si le fait que Findus intéresse plusieurs repreneurs est une bonne nouvelle, le profil de Nomad Holdings inquiète particulièrement les employés. Car ce fonds, basé dans les îles vierges britanniques, vient de racheter en avril le principal concurrent de Findus, un certain Capitaine Iglo. Les salariés redoutent donc le scénario suivant : que les marques Findus et Capitaine Iglo se rapprochent pour réaliser des économies d’échelle, ce qui pourrait conduire à la fermeture de certains sites. Dont l'usine de Boulogne-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais, où travaillent environ 200 salariés.

"Grosse inquiétude" du côté des employés. Réunis en Comité central extraordinaire (CCE) jeudi, les représentants du personnel et syndicats de Findus France ont donc lancé un droit d'alerte sur les conséquences d'une cession. Cette décision a été prise à "l'unanimité", précise Esther Castaing, secrétaire du CCE et délégué CFDT, qui ne cache pas sa "grosse inquiétude".

Le choix de la direction de privilégier l’offre de Nomad Holdings signifie "un gros danger pour l'usine de Boulogne" car "un acquéreur à structure équivalente va obligatoirement - à un moment ou à un autre - rationaliser ses outils", estime-t-elle. Délégué CFTC, Laurent Prévot redoute lui aussi une "casse sociale si on tombe dans le giron de Nomad". Le lancement d’un droit d’alerte, s’il ne stoppe ne rien les négociations, va en revanche permettre de demander une analyse des impacts d’un tel rachat.