Fin de la flambée des matières premières

  • A
  • A
Fin de la flambée des matières premières
Du côté des matières premières agricoles, la chute est moins importante, maïs, blé et soja reculant entre 2% et 3%.@ Maxppp
Partagez sur :

Les marchés des matières premières ont connu un sérieux revers jeudi, après deux ans de hausse.

La tendance est-elle en train de s’inverser ? Alors que les marchés des matières premières atteignent des niveaux record depuis 2010, leurs cours ont connu un net repli jeudi. Chute du prix du baril de pétrole, des métaux précieux mais aussi des matières premières agricoles.

Des prix en hausse depuis 2010

Voilà qui a de quoi surprendre après une année 2010 et un début d’année 2011 marqués par un boom général des cours des matières premières, et qui s’est poursuivi au cours du premier trimestre 2011.

Depuis deux ans, toutes les (tristes) conditions sont réunies pour assister à une envolée des prix des matières. Catastrophes naturelles ou climatologiques, hausse des cours du pétrole avec la crise dans le monde arabe, spéculation sur les marchés et une offre insuffisante pour une forte demande avec des producteurs à la peine. La baisse du dollar n’arrange rien puisqu’elle rend plus attractive les matières premières libellées dans cette devise. Une baisse qui a aussi profité aux métaux précieux, refuge des investisseurs face à la dépréciation du billet vert et aux craintes d'inflation.

Chute brutale des marchés

Pourtant, c’est bien à une dégringolade des métaux et matières premières que nous avons assisté jeudi. Le baril de pétrole a chuté d'environ 10 dollars, pour retomber à 110,80 dollars à Londres et à 99,80 dollars à New York pour les contrats de référence à livraison en juin.

Les métaux précieux n’échappent pas non plus à ce mouvement. L'once d'or est retombée sous 1.500 dollars en cours de séance sur le marché au comptant, jusqu'à 1.462,45 dollars, trois jours après un record historique à près de 1.580 dollars. De telles dégringolades observées en une seule journée n'avaient plus été vues depuis la crise financière. Du côté des matières premières agricoles, la chute est moins importante, maïs, blé et soja reculant entre 2% et 3%.

En cause, le raffermissement du dollar

Alors, pourquoi un retournement de situation jeudi ? Il faut d’abord chercher du côté du dollar, dont le net raffermissement a eu pour conséquence d’affecter des actifs qui avaient largement profité de la dépréciation de la monnaie américaine. Un raffermissement de la monnaie américaine auquel ne sont pas étrangers les commentaires du président de la Banque centrale européenne Jean- Claude Trichet, laissant entendre que l’institution ne relèverait pas sa politique de hausse des taux avant l’année prochaine.

Une baisse durable ?

Assistons-nous à un éclatement de la bulle spéculative présente depuis deux ans ? Les banques américaines d’investissement sont divisées sur le sujet. Et les analystes se montrent prudents, certains soulignant même que la " correction a été trop sévère ". Une prudence qui semble se justifier vendredi matin alors que les cours du pétrole sont repassés au-dessus de la barre des 100 dollars.

Les consommateurs vont-ils en profiter ?

On devrait retrouver un effet bénéfique au niveau des consommateurs pour le prix de l’essence. Sur les produits agricoles, l’équation est un peu compliquée. Les stocks de produits agricoles sont plutôt moyens ou inférieurs à la normale sur la base du long terme et on est toujours à la merci d’un élément climatique. Ce n’est donc pas parce qu’on assiste à un brutal mouvement à court terme que les prix à la consommation en bénéficieront.