Essence: les prix grimpent, les vols aussi

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Essence: les prix grimpent, les vols aussi
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Les transporteurs doivent faire face au fléau du siphonage de carburant.

Flambée des prix oblige, les vols de carburant se multiplient. C'est en tout cas ce que constate la Fédération Nationale des Transports Routiers. Quelque 20 millions de litres de carburant auraient ainsi été siphonnés en 2011, soit l'équivalent de 55 réservoirs de poids lourds chaque jour.

Une méthode bien rodée

"Ils vont vite, maintenant il y a des appareils pour ça", explique Christian, gérant d'une entreprise de transport routier et de déménagement dans le Val d'Oise, au micro d'Europe 1. "Avant il fallait aspirer, ils se mettaient du gasoil dans la bouche, maintenant dans les stations ils vendent des appareils pour lesquels une simple petite pompe à main suffit. L'année dernière, on a eu au moins une vingtaine de visites pour des vols de gasoil oui, soit l'équivalent de cinq à 10.000 euros", précise-t-il.

Des mesures peu décourageantes

Et malgré des mesures dissuasives, la tendance semble être la même cette année. Grillage, caméras de surveillance, lumières à détecteur de mouvements… Rien ne semble impressionner les voleurs qui siphonnent régulièrement les réservoirs des poids lourds. Bien que sous haute-surveillance, les camions de Christian ont ainsi été visités il y a deux semaines.

"Il était 7 heures, il faisait nuit, le camion était à peu près là", poursuit-il, au micro d'Europe 1. "Il y avait deux tuyaux d'arrosage qui étaient tous les deux dans le réservoir, et ils remplissaient deux gros bidons à la fois", se souvient-il. "Il y avait 17 bidons qui étaient cachés entre le bungalow qui est là et le grillage", précise-t-il.

Bouchons antivol : "une fausse bonne idée"

Pour empêcher ces siphonages, la parade la plus répandue est l'utilisation de bouchons antivol. "Une fausse bonne idée," explique Christian. "Car quand les voleurs tombent sur un bouchon verrouillé, ils n'hésitent pas à percer le réservoir, ce qui peut immobiliser un camion pendant plusieurs jours", poursuit-il. "D'autant qu'il s'agit d'une pièce très coûteuse à changer", ajoute-t-il.

Les gendarmes eux-mêmes ont peu de chances d'arrêter les voleurs. "De temps en temps, si les gendarmes les voient, les bidons pleins, et qu'ils leur demandent où ils ont eu le gasoil, ils répondent qu'ils l'ont acheté dans une station, qu'ils l'ont payé en liquide mais qu'ils ne se ne se souviennent plus de laquelle", déplore Christian. "Comme ils ne sont pas pris en flagrant délit, on ne peut rien faire", conclut-il.