Avec son "Plan solaire", EDF veut "donner l'exemple"

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EDF a lancé lundi un vaste plan pour développer l'énergie solaire en France. Et pour qu'il aboutisse à l'horizon 2030, le groupe assure vouloir prendre pleinement sa part.

INTERVIEW

L'ambition est grande. EDF a annoncé lundi le lancement d'un "plan solaire" prévoyant le développement massif de 30 gigawatts de puissance installée en France entre 2020 et 2035. Invité dans la matinale d'Europe 1 mardi, Jean-Bernard Lévy, PDG d'EDF, a détaillé les contours de ce grand projet.

Trouver des terrains disponibles. Pour produire ces 30 gigawatts escomptés, EDF va avoir besoin de 25.000 à 30.000 hectares de terrains, soit l'équivalent de 40.000 terrains de football. Si des panneaux solaires pourront être posés dans des zones industrielles, des friches, ou sur des hangars, cela ne suffira pas. Et EDF ne pourra pas poser, a priori, de panneaux solaires sur les terres agricoles, ou en forêt. Une mission complexe donc, mais loin d'être impossible, assure Jean-Bernard Lévy. "Nous avons un pays très vaste, assez peu peuplé par rapport à ses voisins. L'Allemagne, avec plus d'habitants sur un territoire plus petit, a quatre fois plus d'énergie solaire que nous. Ça veut bien dire que nous, on va réussir à trouver les terrains". Pour rappel, le solaire ne représente que 1,6% de la production d'électricité en France, contre 6,2% en Allemagne.

EDF veut mobiliser ses terrains. "J'ai commencé à m'entretenir avec des membres du gouvernement, et certains présidents de région. Nous, EDF, allons commencer à donner l'exemple. Nous avons des terrains disponibles", avance le PDG. Le gouvernement va prochainement lancer des appels d'offres pour développer ces fermes solaires. "Nous ne sommes pas sûrs de l'emporter. Nous sommes un opérateur, il y aura de la concurrence. Aucun des projets ne nous est donné. Mais EDF a une capacité de mobilisation unique. Je suis sûr qu'on va gagner beaucoup d'appels d'offres, mais je suis sûr aussi qu'on ne les gagnera pas tous", assure Jean-Bernard Lévy.

Un retard à rattraper. La France a pris du retard dans le développement de l'énergie solaire. "Je crois qu'il y a deux raisons à cela", estime le PDG d'EDF. "La première c'est qu'en France, l'électricité est beaucoup moins chère que dans les autres pays, grâce au nucléaire. De ce fait, il y avait moins de place pour le solaire. La deuxième raison, c'est que le prix des technologies solaires baissent beaucoup aujourd'hui. Il faut donc se projeter dans un monde où elles deviennent rentables, où ces solutions n'ont pas besoin de financements aussi élevés que ce qui a été nécessaire jusqu'à présent." 

Si le groupe misait initialement sur l'éolien, pour diversifier son offre renouvelable, il a été confronté à un grand nombre de difficultés, notamment à l'implantation. "En France, on a beaucoup de mal à faire de grandes fermes éoliennes. Les gens disent que l'énergie éolienne est formidable, mais n'en veulent pas chez eux, à cause du bruit et du paysage. On est souvent mieux accueillis dans d'autres pays", justifie-t-il.