EDF est-elle en péril ?

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EDF va dorénavant pouvoir augmenter ses tarifs d'électricité. Mais ce qui pourrait être une bonne nouvelle pour l'entreprise n'en est finalement peut-être pas une...

Le gouvernement avait voulu freiner EDF dans ses ardeurs en refusant que l’entreprise augmente de façon trop importante ses tarifs sauf que cette mesure est revenue comme un boomerang. Le Conseil d’Etat a en effet annulé cette décision et, il y aura donc un rattrapage que devront payer les 28 millions de clients EDF, de l’ordre de 27 à 30 euros par ménage, étalé sur 18 mois. Une nouvelle en demi-teinte pour l’économiste de l’énergie Thomas Porcher invité d’Europe midi jeudi. "Tous les présidents successifs d’EDF ont demandé une augmentation des tarifs pour financer leurs investissements donc ce point de vu là, le rattrapage est une bonne nouvelle pour eux. D’un autre côté, il y a un contrat de confiance entre EDF et ses clients pour ne pas augmenter les tarifs donc cela casse quelque chose", a-t-il en effet expliqué.

Une situation préjudiciable. Le co-auteur de 20 idées reçues sur l’énergie craint donc que les clients d’EDF basculent chez d’autres fournisseurs car "jusque-là, ils restaient pour les prix qui étaient encadrés". Le jeu de la concurrence pourrait donc être extrêmement préjudiciable pour EDF. L'entreprise française "est dans une situation tellement instable aujourd’hui qu’en plus, on ne peut pas dire que l’augmentation des prix sera limitée, comme c’était le cas auparavant. Quand Ségolène Royal donne le chiffre d'une augmentation de 0,5% pour 2016-2017, on est donc, à mon avis, plus dans l’ordre du désir que de la réalité" a, également nuancé Thomas Porcher.

"Il y aura des augmentations de tarifs". Résultat, l'économiste est formel : "il y aura des augmentations de tarifs" et finalement, l'encadrement précédent des tarifs n'était qu'une illusion. "Entre 1994 et 2010, les tarifs de l’électricité ont seulement suivi l’inflation et n’ont pas intégré les coûts d’investissements, mais en réalité, cela masquait la réalité", a conclu Thomas Porcher.