Économie : quel bilan pour Obama ?

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Économie : quel bilan pour Obama ?
Barack Obama s'efforce de défendre son bilan, mais l'avantage sur Mitt Romney en économie est moins évident qu'en 2008 face à John McCain.@ REUTERS/Larry Downing
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En 2008, le candidat démocrate faisait campagne sur la crise et le chômage. Qu'a fait le président?

"On m'a dit que lorsque je parlais d'économie, McCain perdait des points. Ce soir je vais donc vous parler d'économie." Ainsi ironisait Barack Obama, en octobre 2008, lors d'un diner de charité à New York. Quatre ans après son arrivée au pouvoir, il s'efforce de défendre son bilan. Mais l'avantage sur son nouvel adversaire, Mitt Romney, est moins évident.

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© Kevin Lamarque / Reuters

Dommage pour lui. Car le président démocrate doit bien une partie de son élection de 2008 à ses promesses économiques. Crise des subprimes, faillite de Lehman Brother, hémorragie de l'emploi… George Bush, les républicains et leur modèle ultralibéral n'avaient plus la cote. Le célèbre "Yes we can" d'Obama a touché une grande partie des victimes de la crise, en attente d'un redressement. L'ont-ils obtenu? Europe1.fr dresse le bilan économique de Barack Obama.

SUR LE CHÔMAGE

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• La situation dans laquelle il a trouvé le pays. En novembre 2008, le taux de chômage s'élevait à 6,5 % de la population active selon l'OIT, soit 1,3% de plus qu'un an plus tôt. Il a atteint les 8% en janvier 2009, lors de l'entrée à la Maison-Blanche de Barack Obama.

• Le bilan. Le bilan de l'administration démocrate n'a rien de glorieux non plus. Le chômage n'est passé en dessous de la barre des 8% qu'un seul mois dans tout le mandat. Or cette barre n'avait été atteinte que deux fois depuis 1947, en 1974 et en 1982. Un  pic de 10,2% a même été franchi en octobre 2009, du jamais vu depuis les années 30. Toutefois, l'administration Obama a le mérite d'avoir réussi à stopper l'hémorragie et à inverser la tendance. En septembre 2012, le chômage est enfin redescendu sous la barre des 8%, à 7,8%. Mais il a de nouveau augmenté de 0,1% en octobre. Et il reste toujours considéré comme à "niveau de crise", le seuil "normal" étant de 5%.

SUR LA CROISSANCE

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• La situation dans laquelle il a trouvé le pays. Obama est arrivé au pouvoir alors que les États-Unis subissaient la plus grave récession depuis 1929. Le PIB, de 2007 à 2009, est passé de plus de 13,2 milliers de milliards de dollars à moins de 12,8.

• Le bilan. L'équipe démocrate fraichement arrivée au pouvoir ambitionnait de faire bondir le PIB de 3,2 % dès 2010, puis de 4 % et 4,6 % les années suivantes. Mais tout ne s'est pas vraiment passé comme prévu. La croissance était bien au rendez-vous dès 2010, mais à seulement 3%. Elle a ensuite stagné à 1,7 % en 2011. Et les analystes ne prévoient pas plus de 2 % cette année.

SUR LE POUVOIR D'ACHAT

Le président américain a rendu visite aux bénévoles du bureau de campagne de Henderson.

© REUTERS

• La situation dans laquelle il a trouvé le pays. Contrairement aux autres indicateurs, celui du pouvoir d'achat était encore relativement bon lorsque Barack Obama a pris les rênes. L'indice de base du revenu médian des ménages était de 100 lors de son arrivée à la Maison-Blanche, soit un revenu de 55.000 dollars par an et par ménage. L'indice avait pris quatre points depuis 2006.

• Le bilan. Entre janvier 2009 et mars 2012, l'indice a perdu huit points. Le revenu médian par foyer est passé de 55.000 dollars par an en janvier 2009 à 50.000 en 2011, avant de remonter à 51.000 dollars en juin 2012. Le taux de pauvreté a, quant à lui, atteint 15%, au plus haut depuis vingt ans, renseigne Le Figaro.

SUR LA DETTE

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• La situation dans laquelle il a trouvé le pays. George Bush avait fait passer la dette publique de 5 700 milliards de dollars à 10 600 milliards en huit ans, soit un bond de 85 %.

• Le bilan. Le trou n'a cessé de se creuser, et ce de manière abyssale. La dette des États-Unis atteint aujourd'hui 16.000 milliards de dollars, soit 51 % d'augmentation en quatre ans. Il faut dire que l'administration Obama a entamé son mandat par un plan de relance de 780 milliards de dollars, répartis entre allégements fiscaux et en investissement dans la recherche, la santé ou les énergies propres.

Et comme le détaille le Monde, la Réserve fédérale et le Trésor ont également racheté jusqu'à 2 000 milliards de titres de dette "pourrie". Et devant la faiblesse de la reprise, la Fed a encore annoncé en septembre un nouveau plan, comprenant des acquisitions de titres défectueux au rythme de 40 milliards de dollars par mois sans limite de temps, jusqu'à ce que "la perspective du marché du travail s'améliore", détaille le quotidien du soir.

CONCLUSION : BON OU MAUVAIS BILAN ?

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© Reuters

"Beaucoup ont conclu soit que la stratégie initiale ne s'est pas dotée des moyens nécessaires (les plans de relance ont été trop modestes), soit qu'elle a été erronée (il fallait s'attaquer en priorité à la résorption de la dette pour calmer les marchés et donc relancer l'économie). Le résultat se situe aussi dans un entre-deux", résume Sylvain Cypel, le correspondant du Monde à New York.

Toutefois, Mitt Romney ne semble pas forcément en mesure de proposer une alternative à la hauteur, ce qui pourrait profiter au président sortant. "Le président Obama a-t-il été bon ? L'Amérique peut-elle vraiment faire confiance à Mitt Romney, qui change sans cesse d'avis ?", s'est interrogé lundi l'influent magazine The Economist. Et de conclure : "malgré tous ses défauts, M. Obama a éloigné l'économie américaine du bord du gouffre. Donc ce magazine va rester du côté du diable qu'il connaît et le réélire".