Discriminations dans l'emploi : le gouvernement sera "intraitable"

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Discriminations dans l'emploi : le gouvernement sera "intraitable"
Le gouvernement sera "intraitable" face aux discriminations à l'embauche.@ AFP
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La ministre du Travail, Myriam El Khomri, a promis mardi d'être "intraitable" à l'avenir contre les discriminations à l'embauche. 

La ministre du Travail, Myriam El Khomri, a promis mardi d'être "intraitable" à l'avenir avec les entreprises qui prendraient des "mesures cosmétiques" contre les discriminations dans l'emploi, à l'occasion de la remise d'un rapport de France Stratégie sur le coût économique des discriminations.

"La lutte contre les discriminations n'est pas un gadget". Evoquant la campagne de "testing" menée depuis le printemps auprès d'une quarantaine d'entreprises de plus de 1.000 salariés pour identifier de possibles pratiques discriminatoires, la ministre a promis qu'une fois les résultats évalués et après dialogue avec les entreprises concernées, le gouvernement sera "intraitable" avec celles "qui prendraient des mesures uniquement cosmétiques". "Nous n'aurons aucun état d'âme à désigner les mauvais élèves" en la matière, a ajouté Myriam El Khomri. "Chacun doit comprendre que la lutte contre les discriminations n'est pas un gadget", a-t-elle poursuivi, soulignant le "violent sentiment d'injustice" que créent les discriminations, dont "beaucoup minimisent l'ampleur".

Le rapport de France Stratégie, organisme rattaché à Matignon, chiffre le coût des discriminations sur le marché du travail, "une première" en France, a souligné la ministre. Dans son scénario privilégié, il évalue à 150 milliards d'euros, soit 6,9% du PIB, le gain qui pourrait être tiré de l'augmentation du taux d'emploi et de l'accès aux postes qualifiés des populations discriminées, au premier rang desquelles les femmes.  Il est rendu public au lendemain du "panorama particulièrement inquiétant" dressé par le Défenseur des droits sur les discriminations à l'embauche liées à l'origine, qui visent en particulier des personnes vues comme arabes et musulmanes, selon les témoignages recueillis après un appel lancé au printemps.

"Redoubler d'efforts". Ce rapport "nous invite à redoubler d'efforts", a déclaré Myriam El Khomri, en observant le "manque à gagner considérable pour la collectivité" que représentent les discriminations.  Si les femmes gagnaient autant que les hommes, si les descendants d'immigrés avaient le même accès à l'emploi que les autres, "notre économie serait bien sûr plus juste" mais aussi "plus prospère", a ajouté la ministre, entourée par les ministres de la Ville, Patrick Kanner, et des Droits des femmes, Laurence Rossignol.

Réagissant aux "conclusions frappantes" du rapport qui montre que les femmes sont les "premières victimes des discriminations" dans l'emploi, Mme Rossignol a annoncé qu'elle lancerait prochainement un plan en faveur de la mixité dans le secteur numérique où travaillent seulement "13% de femmes aujourd'hui".