Diesel : une "prime à la casse" à l'étude

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Diesel : une "prime à la casse" à l'étude
Le gouvernement français réfléchit à l'instauration d'une "prime de conversion", ressemblant à une "prime à la casse", afin d'aider au remplacement des véhicules automobiles les plus anciens fonctionnant au diesel.
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L'exécutif envisage une aide pour inciter à se séparer des vieilles voitures diesel. Un air de déjà vu ?

L'INFO. La prime à la casse va-t-elle un jour refaire surface ? Une mesure similaire, baptisée cette fois "prime à la reconversion", est dans les tuyaux gouvernementaux, a indiqué samedi le ministère du Redressement productif, confirmant une information du Parisien-Aujourd'hui en France. L'idée ? Inciter les Français à se séparer des vieilles voitures diesel, jugées dangereuses pour la santé, mais qui représentent 27% du parc automobile. La semaine dernière, Europe1 révélait déjà que le diesel pourrait bientôt être taxé de la même manière que l'essence, afin d'en limiter la consommation. Et que le bénéfice tiré d'une telle surtaxation devrait être utilisé pour rénover le parc automobile français, sous la forme d'une aide en faveur des ménages modestes souhaitant acheter une voiture propre.

>> À lire : le diesel bientôt au même prix que l'essence ?

La prime à la casse, c'est quoi déjà ? Il s'agissait d'une aide financière versée par l’État, mise en place en 2008 par le précédent gouvernement, visant à inciter les Français à se débarrasser de leurs vieux véhicules et à acheter un véhicule neuf et moins polluant. Destinée notamment à relancer un marché de l'automobile en berne, son montant s'élevait à 1.000 euros en 2008, puis 700 et 500 euros en 2010. Pour toucher la prime, un ménage devait se débarrasser d'un véhicule âgé de plus de 10 ans et en acheter un autre neuf. Cette aide a disparu en 2011, jugée trop couteuse pour l’État (plus de 500 millions d'euros par an).

Une expression de droite ? Pas question pour le gouvernement actuel de reprendre l'expression "prime à la casse" pour sa nouvelle mesure. "La prime à la casse n’avait pas l’ambition de convertir le parc automobile en faveur de véhicules propres ou peu polluants", affirme Delphine Batho, ministre de l'Écologie, dans Le Parisien. Une affirmation biaisée, puisque la "prime à la casse" du gouvernement Fillon s'appelait en réalité "aide à l’acquisition de voiture propre" et s'accompagnait d'objectifs écologiques. Le ministère de l'Industrie la définissait d'ailleurs, en 2009, comme une prime "pour l’acquisition d’un véhicule neuf émettant au plus 160 g CO2/km, accompagné du retrait d’un véhicule âgé de plus de 10 ans." 

Des contours encore flous. La future "prime à la reconversion" n'est toutefois pas encore au point. La principale question, outre son coût, est de déterminer si on favorise l'achat de voitures neuves utilisant de l'essence, des véhicules au diesel respectant les nouvelles normes ou des véhicules d'occasion à l'essence. En effet, souligne-t-on au ministère, les détenteurs de ces véhicules qu'on voudrait retirer de la circulation sont souvent des familles modestes qui n'auront peut-être pas les moyens financiers, même avec une aide, d'acheter une voiture neuve. "Cela se décidera dans les prochaines semaines", indique-t-on au cabinet d'Arnaud Montebourg qui se déclare "assez favorable" à cette idée. Le gouvernement attend, au printemps, les propositions du comité sur la fiscalité écologique, mis en place fin 2012, dont les travaux doivent déboucher sur des premières mesures applicables en 2014.