Deux laboratoires pharmaceutiques soupçonnés d’entente

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Deux laboratoires pharmaceutiques soupçonnés d’entente
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AMI-AMI - L’autorité de la concurrence française suspecte Roche et Novartis de ne pas se concurrencer afin de favoriser le médicament le plus cher.

Les laboratoires pharmaceutiques suisses ne joueraient pas selon les règles du jeu ? Le gendarme de la concurrence française a lancé mercredi une enquête sur les laboratoires Roche et Novartis, soupçonnés d'entente illicite. L’affaire a été révélée jeudi par les deux groupes pharmaceutiques.

Deux médicaments, une maladie. L’Autorité de la concurrence française a mené des perquisitions dans les locaux des deux laboratoires. Selon elle, elles seraient "suspectées d'avoir mis en oeuvre des pratiques anticoncurrentielles dans le secteur de la commercialisation des traitements" de certaines maladies de l'oeil liées à l'âge (dégénérescence maculaire liée à l'âge, DMLA). En cause : l’Avastin pour le laboratoire Roche et le Lucentis pour Novartis". Roche assure d'ailleurs à Europe1.fr que l'Avastin n'a pas été développé pour un usage ophtalmologique. Toutefois, certains médecins le prescrirait pour cet usage.

Mais les deux entreprises ont un intérêt commun. Les deux laboratoires auraient naturellement intérêt à se faire une guerre des prix pour dominer le marché avec leur produit. Toutefois, Novartis, qui commercialise le Lucentis, le vend plus cher que Roche et son Avastin. Mais le premier est actionnaire du dernier. De quoi éveiller les soupçons du régulateur. En effet, la recherche et développement de médicaments étant très coûteuse, Novartis pourrait avoir pesé sur son concurrent pour favoriser son propre produit.

Un cas déjà jugé en Italie. L'Autorité de la concurrence italienne a infligé début mars à ces deux groupes pharmaceutiques une amende de 182,5 millions d'euros pour avoir tenté, selon elle, empêcher la distribution de l'Avastin de Roche comme traitement de la dégénérescence maculaire liée à l'âge en faveur du Lucentis de Novartis. Novartis et Roche ont fermement rejeté les accusations du régulateur et ont annoncé leur intention de faire appel. Le parquet de Rome a également ouvert une enquête préliminaire à ce sujet, ont dit des sources judiciaires à Reuters. Il soupçonne les deux groupes d'escroquerie et de manipulation du marché des médicaments.

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