Des bactéries productrices de carburant

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Des bactéries productrices de carburant
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Des chercheurs américains sont parvenus à modifier génétiquement des bactéries qui aspirent le CO2 et le transforment en un alcool exploitable.

Le salut pourrait venir des bactéries. En pleine conférence de Copenhague sur le réchauffement climatique, la revue Nature a publié le 9 décembre les résultats d’une étude menée par une équipe de l’université de Los Angles, UCLA, qui pourraient offrir une solution aux problèmes des émissions de gaz à effet de serre.

Ces chercheurs américains ont en effet modifié génétiquement des cyanobactéries pour qu’elles aspirent le CO2 présent dans l’air et produisent un alcool, l’isobutanol, utilisable comme carburant et donc solution alternative potentielle au pétrole. Les scientifiques sont en fait parvenus à modifier le mécanisme de la photosynthèse. Pour produire l’isobutanol, les bactéries génétiquement modifiées n’ont donc besoin comme seule énergie que de la lumière du soleil.

Les avantages de ce nouveau procédé sont innombrables. D’abord, évidemment, il permet de recycler le CO2 et d’ainsi faire baisser les émissions de gaz à effet de serre, tout en ne nécessitant aucune énergie. Ensuite, l’alcool produit est utilisable directement, sous sa forme primaire, alors que les autres biocarburants, le plus souvent issus de l’agriculture, nécessitent plusieurs étapes de transformation pur être exploitable.

Enfin, comme l’explique Marc Rousset, directeur de recherche au CNRS, cette production est "complètement détachée de la contrainte du sol" :



Reste à savoir comment exploiter cette découverte. Le chef de l’équipe de chercheurs James C. Liao avance une piste : "un lieu idéal pour ce système serait à côté de centrales existantes qui émettent du dioxyde de carbone. Cela veut dire capturer du gaz à effet de serre et le recycler directement en combustible liquide."