Déficits : où en sont nos voisins ?

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Déficits : où en sont nos voisins ?
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La Commission européenne rend vendredi son rapport trimestriel sur l’assainissement budgétaire.

2012 devrait finalement être synonyme d’une croissance proche de 0,2% et d’un déficit avoisinant les 3,6% du PIB, selon les dernières estimations du gouvernement français. Des prévisions qui la placent aux limites du hors-jeu par rapport à la discipline budgétaire instaurée par l’Union européenne. Mais comment s’en sortent nos voisins ? Tour d’Europe à quelques heures de la distribution des bons et mauvais points par la Commission européenne.
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• La France en-dehors des clous. Après s’être longtemps montré optimiste, gouvernement Fillon et Ayrault compris, la France a commencé à reconnaître qu’elle n’atteindra pas ses objectifs, à savoir 3% de déficit en 2013. La France fera donc l’objet d’un rappel à l’ordre.

Elle rejoint les mauvais élèves. En officialisant ses difficultés budgétaires, Paris rejoint le groupe des pays hors-jeu : l'Espagne, le Portugal, la Slovénie et bien sûr la Grèce. Le Portugal a ainsi admis qu’il aura besoin d’une année supplémentaire pour atteindre ses objectifs, tandis que l’Espagne fait actuellement une pause dans ses réformes pour ne pas tuer la croissance.

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Et les bons élèves sont… Sans surprise, il s’agit de l’Allemagne, la Finlande et même  l’Italie, dont les réformes commencent à porter leurs fruits. Mais Berlin commence à s’inquiéter d’un ralentissement de sa croissance et pourrait nuancer ses appels à une austérité à tout prix.
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Peut mieux faire : Belgique et Pays-Bas. Ils ont presque réduit leurs déficits à 3% du PIB mais n’ont pas encore rempli tous les critères édictés par l’UE. Ils devraient donc être encouragés à poursuivre leurs efforts, même si la Belgique commence à voir les manifestations se multiplier et que les Pays-Bas restent marqués par l’éclatement d’une bulle immobilière.

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Un régime spécial pour la France ? Comme les autres pays qui n’ont pas réussi à atteindre leurs objectifs, l’Hexagone va demander un délai ou des objectifs revus à la baisse. Or la France dispose d’un atout : son économie est la deuxième de l’UE, donc stratégique pour le reste de l’Europe, mais sa croissance reste atone. Bruxelles pourrait donc lâcher un peu de lest pour que l’économie française redémarre et entraîne ses voisins dans son sillage.
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Obtenir un traitement spécifique, c’est possible. Le gouvernement français espère d’autant plus obtenir un délai que l’UE l’a prévu. "Si la croissance se détériore de manière imprévue, un pays peut bénéficier d'un délai pour corriger son déficit excessif", a rappelé le commissaire européen chargé des Affaires économiques, Olli Rehn. Mais à condition qu'il "ait fourni comme convenu les efforts budgétaires demandés".