Copenhague : les Etats-Unis contestent le projet d’accord

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Copenhague : les Etats-Unis contestent le projet d’accord
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Le négociateur américain Todd Stern refuse que les grands pays industrialisés s’engagent plus que ceux en développement.

Le projet d’accord de Copenhague, qui fixe l’objectif de limitation du réchauffement climatique à 2°, voire à 1,5°, a déjà du plomb dans l’aile. Le texte, élaboré en juillet à l’Aquila par le G8 et les principales économies de la planète, est contestée par les Etats-unis, acteur majeur du changement climatique, sur la différence de traitement entre payx riches et pays émergents. ‘

"En de nombreux points le texte est constructif (...) mais les Etats-Unis ne considèrent pas la section concernant l'atténuation (des émissions de gaz à effet de serre) comme une base de négociation", a Todd Stern, envoyé spécial sur le climat. Le document "stipule que les pays industrialisés ‘doivent’ (shall) prendre des engagements de réduction et que les pays en développement ‘pourraient’ (may)" le faire, a-t-il précisé la distinction. "C'est un point technique mais important. Nous ne pouvons pas commencer la négociation sur cette base", a-t-il souligné.

"Si nous parlons de la nécessité de contenir le réchauffement en-dessous de 2°C (supplémentaires) par rapport aux niveaux industriels, on ne peut pas réellement discuter tant que les principaux pays en développement ne s'apprêtent à jouer un vrai rôle", a-t-il conclu.

La question de l'articulation de ces objectifs est depuis le début de la conférence un point extrêmement sensible de la négociation. Pour la Chine et l’Inde, qui ont rejoint le club des pays les plus pollueurs de la planète, l'arithmétique est simple : si un accord fixe un objectif global ambitieux mais que l'effort assigné aux pays riches est trop faible, ils devront inévitablement supporter une part trop importante de l'effort. C'est la raison pour laquelle la Chine a refusé, jusqu'à ce jour, de s'engager sur un objectif global de réduction des émissions à l'horizon 2050

Le texte stipule la mise en place d'une deuxième période d'engagement pour le protocole de Kyoto, qui irait de 2013 à 2020. Kyoto impose des réductions aux pays industrialisés, à l'exception des Etats-Unis, qui ne l'ont jamais ratifié et ont catégoriquement exclu l'idée de le faire. Selon ce texte, les engagements des Etats-Unis seraient listés dans une annexe de l'accord, mais cette partie reste à élaborer.

Enfin sur la question des financements, le texte prévoit un mécanisme immédiat pour 2010-2012, mais reste encore vague sur le long terme.