Commerce : ça chauffe entre l'UE et la Chine

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Commerce : ça chauffe entre l'UE et la Chine
@ Reuters
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EDITO - Cette fois, c'est le secteur de la chimie qui est visé par une procédure antidumping de Pékin.

Une nouvelle action : Européens et Chinois se rapprochent-ils d'une guerre commerciale ?  Les deux camps croisent en tout cas une nouvelles fois le fer en s'accusant mutuellement de pratiques commerciales déloyales. Cette fois, c'est Pékin qui a notifié il y a quelques jours une nouvelle procédure antidumping à la Commission européenne, selon Les Echos. En ligne de mire : les produits dérivés du chlore, notamment le perchloroethylène et le tetrachloroethylène. Les Européens sont accusés de dumping, c'est-à-dire de casser les prix pour asphyxier leurs concurrents chinois.

Parmi les groupes de chimie visés par la procédure figurent le français Solvay et la branche européenne de l’américain Dow Chemical. Les Etats-Unis seraient visés par une action similaire de Pékin, d'après Les Echos.

Une avalanche de représailles. Cette nouvelle procédure s'ajoute à une série d'autres qui enveniment les relations commerciales entre Pékin et Bruxelles, surtout depuis l'automne 2012. C'est l'UE qui a déclenché le bras de fer début septembre en lançant une vaste enquête sur des pratiques anticoncurrentielles menées par des producteurs chinois des panneaux solaires. Ces derniers devraient être lourdement taxés à 47%, selon une suggestion de Bruxelles, début mai. Les Etats membres doivent encore approuver cette mesure d'ici au 5 juin 2013.

En réaction, la Chine a annoncé deux jours plus tard, le 10 mai 2013, qu'elle lançait une enquête antidumping sur les tubes sans soudure importés de l'Union européenne, du Japon et des Etats-Unis. La partie de ping-pong s'est poursuivie cinq jours plus tard : Bruxelles a, à son tour, imposé des droits de douanes pouvant aller jusqu'à 36,1% sur la vaisselle chinoise en céramique et a annoncé une enquête sur les équipementiers de télécommunications mobiles chinois.

>> Dans son édito éco, Axel de Tarlé évoque un "jeu dangereux" mais dans lequel ce sont les Chinois qui ont le plus à perdre :

 

Berlin veut éviter la guerre commerciale. Alors que le bras de fer se muscle, Berlin tente de son côté de calmer le jeu. L'Allemagne est de loin le plus grand partenaire commercial européen de la Chine et le marché chinois représente un débouché essentiel pour son industrie automobile et ses machines-outils. Lundi, la chancelière Angela Merkel, qui recevait pour la première fois le Premier ministre chinois Li Keqiang, a martelé son refus du "protectionnisme". Elle a assuré qu'elle "fera[it] tout pour trouver une solution par la discussion et ne pas tomber dans une sorte de confrontation qui se termine finalement par la mise en place de droits de douanes réciproques".

Li Keqiang a, lui, réaffirmé que la Pékin "rejetait fermement" la taxe sur les panneaux solaires made in China.  Une telle mesure "ne mettrait pas seulement en danger des emplois en Chine, mais (...) nuirait aussi aux intérêts des entreprises et des consommateurs européens", a-t-il estimé.

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