Chômage : pourquoi 2013 n'est pas 1997

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Chômage : pourquoi 2013 n'est pas 1997
@ MAX PPP
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Prudence avec les comparaisons, la situation économique et démographique ayant changé.

À l'instar de l'Espagne, le record du nombre de chômeurs a été battu en France. Pôle emploi a en effet recensé fin mars 3,224 millions demandeurs d'emploi de catégorie A (sans aucune activité), contre 3,195 millions en 1997 date du précédent record.

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Raison 1 : la population a augmenté. Depuis 1997, le nombre d'actifs a augmenté. D'après l'Insee, il est passée de 25,6 millions en 1997 à près de 28,4 millions en 2011. Une donnée à garder en mémoire lorsqu'on calcule le taux de chômage, qui rapporte le nombre de chômeurs à la population active totale, sur les deux périodes. Ainsi, comme le souligne Pôle emploi dans son communiqué de mars : "le taux de chômage (10,2% de la population active fin 2012), en augmentation, reste inférieur au record de 1997 (10,8%)".

Raison 2 : la structure de la population active a changé. La structure de la population inscrite en catégorie A a également évolué : 48% d'entre eux étaient des hommes en 1997. Ils sont désormais une majorité (52%). Un basculement qui peut s'expliquer par la contraction du secteur de l'industrie, qui emploie principalement des hommes, et à l'inverse le développement du secteur tertiaire, qui emploie plus de femmes.

Avec le report de l'âge de départ à la retraite à 62 ans, les seniors sont également plus nombreux à se présenter au guichet de Pôle emploi. En 1997, ils étaient 395.000. Ils sont aujourd'hui 679.000.  Du côté des moins de 25 ans, l'évolution est plus incertaine. Pôle emploi en comptabilise 542.000, soit 90.000 de moins qu'en 1997. Mais tous les jeunes ne s'inscrivent pas au chômage. L'Insee enregistre, elle, une hausse de la proportion de jeunes actifs en recherche d'emploi : ils étaient 24,9% fin 2012, contre 22% à 23% en 1997.

Raison 3 : les perspectives économiques sont pires. Si l'on compare les deux taux, il faut aussi tenir compte du contexte économique qui, malheureusement, est plus préoccupant aujourd'hui. Lorsque le pic de 1997 a été atteint, les économistes tablaient en effet sur une reprise très prochaine. Aujourd'hui, ce n'est pas le cas : l'activité devrait continuer à patiner, entraînant de nouvelles hausses du chômage. L'Insee prévoit ainsi une croissance nulle au premier trimestre 2013 et à peine mieux au deuxième semestre (+0,1%). Le taux de chômage est, lui, attendu à 10,6% en métropole mi-2013 (11% Dom compris). Les perspectives du FMI sont même plus moroses : l'institution de Washington table sur une récession en France en 2013 et un taux de chômage à 11,6% en 2014, Dom compris.