Ce qu'il faut retenir du sommet social

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Ce qu'il faut retenir du sommet social
Le sommet social a bien permis de faire avancer des dossiers déjà préparés en amont, mais a laissé dans l'impasse tout ce qui concerne le financement de la protection sociale.@ REUTERS
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Sur quoi gouvernent et syndicat s’entendent-ils ? Quels sont les dossiers qui coincent ?

Nicolas Sarkozy et son gouvernement recevaient mercredi matin les représentants des organisations syndicales et patronales pour un "sommet social", entre-temps rebaptisé "sommet de crise". A l'issue de cette réunion de plus de quatre heures, le président de la République a prévenu : la crise impose d’accélérer le rythme des réformes, "on ne peut se réfugier dans l'attentisme", ce qui nécessite des "mesures d’urgence".

Mais les syndicats, qui redoutent une opération de communication politique à moins de 100 jours de l’élection présidentielle, sont arrivés sceptiques et n'ont reconnu que "quelques mesures utiles". Ce sommet n’a donc pas fait bouger les lignes, seuls les dossiers préparés à l’avance et soutenus par les syndicats devraient rapidement avancer. Le coût global de ces mesures d'urgence devrait être de 430 millions. Europe1.fr liste les avancées, les points de blocage et les surprises.

LES DOSSIERS QUI AVANCENT

Chômage partiel. Tous les intervenants étaient unanimes pour le généraliser. "Nous avons des réponses sur certains points comme le chômage partiel pour lequel l'Etat mettra 100 millions supplémentaires", a déclaré le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly. Le gouvernement devrait réinjecter 140 millions d'euros et simplifier les procédures.

Formation des chômeurs. Nicolas Sarkozy a promis "une réforme radicale de la formation professionnelle", très attendue par les syndicats. "L'objectif est simple : que chaque chômeur ait une formation et qu'il soit conduit à accepter l'offre d'emploi qui lui est proposée", a déclaré le président de la République, sans chiffrer la mesure. Le Medef a par ailleurs déclaré être prêt à s'"engager sur un objectif de 60.000 formations" dans le cadre de la Préparation opérationnelle à l'emploi (POE), dispositif piloté par Pôle Emploi.

Effectifs de Pôle emploi. Déjà perturbé par la fusion de l’ANPE et des Assedic, le Pôle Emploi est mis à mal par le nombre croissant de chômeurs qu’il doit accompagner. Ses effectifs devraient donc être augmentés à hauteur de "1.000 emplois", a précisé Jean-Claude Mailly.

Insertion des jeunes. L'Elysée va supprimer les charges pendant six mois pour les très petites entreprises qui embauchent des jeunes de moins de 26 ans.Coût de la mesure : plus de 100 millions d'euros.

LES DOSSIERS QUI FONT POLEMIQUE

La TVA sociale. Nicolas Sarkozy n’a pas une seule fois prononcé le terme, ni devant les syndicats, ni devant les médias, évoquant juste "une réforme du financement de la protection sociale". Mais les syndicats ont prévenus : une telle augmentation de la TVA "n'a rien de sociale", dixit la CFDT.

Flexibiliser le temps de travail et les rémunérations. L’idée est pouvoir ajuster le temps de travail et la rémunération en fonction du carnet de commandes des entreprises. Mais la CGT a contesté l’idée que "la véritable cause du chômage était le coût du travail trop élevé". Si les syndicats refusent une réforme précipitée, le Medef est très demandeur. "Nous mettons les accords de compétitivité - emploi dans (les dossiers) d'urgence. Ce serait extraordinairement favorable à la survie d'entreprises aujourd’hui fragilisées, mais aussi à l'emploi", a déclaré Laurence Parisot.

Sur ces deux dossiers, Nicolas Sarkozy est resté vague, déclarant : "nous ferons connaître les décisions que nous prendrons à la fin du mois". Une incertitude qui n’est du goût des syndicats, François Chérèque regrettant "le flou sur le financement de ces mesures (…), même sur le financement de la protection sociale".

LES SURPRISES

Le logement. "Beaucoup nous ont indiqué le lien entre logement et emploi", l’Elysée a donc annoncé "des mesures pour doper l'offre de logement dans notre pays" et relancer ce secteur aujourd’hui malmené. La forme et le financement de ces mesures seront dévoilés fin janvier.

Créer une banque de l’industrie. Pour se financer, les PME ont OSEO, un organisme qui permet de financer des projets innovants. Confronté à un assèchement du crédit, les entreprises industrielles souhaitent la formation d’une structure similaire. L’annonce a réjoui le Medef. Reste à savoir d’où proviendront les fonds, l’industrie nécessitant des investissements très lourds.