Carrefour : "On s'est pris une claque, on nous prend pour des pigeons"

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Carrefour a annoncé mardi la suppression de milliers de postes et un recentrage vers le commerce en ligne et le bio. A Cahors, à Saint-Lô, mais aussi à Château-Thierry, les salariés sont inquiets.

REPORTAGE

Devant l'hypermarché Carrefour de Château-Thierry, dans l'Aisne, des salariés coupent et brûlent les palettes de l'entrepôt. Comme d'autres salariés du géant de la grande distribution, ils ont cessé le travail mardi pour protester contre l'annonce un peu plus tôt par Carrefour d'un plan d'au moins 2.400 départs volontaires dans ses sièges en France.

"On nous prend pour des pigeons". Claire, hôtesse de caisse depuis quinze ans au service de ce magasin, se dit en colère : "Il y en a qui sont tristes, d'autres qui sont inquiets, moi j'ai tout ça à la fois. On nous prend pour des pigeons. Car il ne faut pas dire que Carrefour perd de l'argent partout. Ce n'est pas vrai. On se croyait à l'abri et là on n'y est plus du tout", déplore-t-elle.

Près d'elle, Caroline qui s'occupe du rayon textile depuis dix-huit ans, ne veut pas baisser les bras. "On s'est tous pris une bonne claque. On a du mal à se relever, on est tous solidaires, prêt à sortir pour soutenir notre magasins et d'autres magasins", assure-t-elle.

"Personne n'est à l'abri". Carrefour, c'est une famille qui s'entraide, expliquent encore Dominique et Nabila, hôtesses de caisse à Epernay et Thionville. "Je viens soutenir les collègues. Je suis Carrefour aussi donc quelque part il y a une épée de Damoclès au dessus de notre tête", explique la première. "Personne n'est à l'abri, aussi bien les directeurs qui sont dans nos magasins que les salariés", ajoute la seconde. Rien pour les salariés, tout pour les salariés, ajoute cette dernière en consultant sur son téléphone portable le cours de la bourse. L'action Carrefour n'a pas faibli.

Carrefour va supprimer 2.400 emplois en France :