Blablacar, la start up française qui vaut désormais 1,4 milliard d'euros

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Blablacar, la start up française qui vaut désormais 1,4 milliard d'euros
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FRENCH TECH - Le champion français du covoiturage Blablacar a annoncé avoir réussi une nouvelle levée de fonds de 177 millions d'euros. L'entreprise rejoint le club très fermé des licorne.

Blablacar trace sa route. Le champion français du covoiturage Blablacar a annoncé dans la nuit de mercredi à jeudi avoir levé 200 millions de dollars, soit 177 millions d'euros. Un tour de table doublement historique : d'abord parce c'est la plus importante levée de fonds jamais enregistrée en France, ensuite parce qu'elle fait rentrer l'entreprise française dans le club très fermé des "licornes".

Blablacar séduit (encore) les investisseurs. Créé en 2006 sous le nom de "covoiturage.com", l'entreprise basée à Paris met en relation des automobilistes et des passagers souhaitant réaliser un trajet en covoiturage. Les coûts du trajet, essence et péages, sont partagés entre conducteur et passagers, tandis que Blablacar touche une partie de la somme pour son rôle d'intermédiaire. Une formule qui fonctionne : le site français revendique déjà plus de 20 millions de membres dans 19 pays, "sur trois continents".

Les investisseurs sont visiblement tout aussi séduits. Pour se développer, l'entreprise a multiplié les levées de fonds, à chaque fois avec succès : 10 millions de dollars en 2012, 100 millions de dollars en juillet 2014, et 200 millions aujourd'hui. Résultat, l'entreprise est désormais valorisée à 1,6 milliard de dollars, soit 1,4 milliard d'euros.

Une nouvelle "licorne" française. Avec ce nouveau tour de table, Blablacar rejoint la famille des "licornes", un qualificatif donné par les Américains aux entreprises non cotées en Bourse et dont la valeur dépasse le milliard de dollars. Ou, dit plus prosaïquement, des entreprises très prometteuses ayant les moyens de leurs ambitions puisqu'elles disposent d'une réserve d'argent très conséquente sans les inconvénients d'être cotées en Bourse (publication des résultat, pression pour devenir rentable rapidement, attention portée au cours en Bourse, etc.). Des conditions idéales pour une entreprise qui n'est pas encore rentable.

Un club des licornes que le grand public connait sans le savoir puisque dans cette liste figurent des noms devenus familiers : AirBnB, Uber, Snapchat, ou encore les français Ventes-privées.com et Criteo. Ceci explique la réaction enthousiaste du ministre de l'Economie, mercredi soir sur Twitter :

A quoi vont servir ces 200 millions d'euros ? A poursuivre son développement afin de devenir le leader incontournable du covoiturage - tout comme AirBnB est devenu la référence des locations immobilières entre particuliers- et dissuader tout nouvel entrant de s'aventurer sur ce secteur. C'est déjà fait sur le continuent européen, où Blablacar a racheté plusieurs concurrents, dont Carpooling. Il est ensuite parti à la conquête des grands pays émergents (Russie, Turquie, Inde, Mexique) et souhaite désormais s'attaquer à l'Asie, un continent d'autant plus prometteur que le taux d'équipement automobile est est bien plus faible que dans les pays développés.