Après Volkswagen, au tour d’Audi d'être dans la tourmente

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Après Volkswagen, au tour d’Audi d'être dans la tourmente
@ CHRISTOF STACHE /AFP
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AUTOMOBILE - Le constructeur automobile est lui aussi accusé d’avoir mis au point un logiciel pour truquer les tests anti-pollution.

Ça sent à nouveau le soufre pour Volkswagen. Une des marques phares du groupe, Audi, aurait elle aussi élaboré un logiciel permettant de réduire artificiellement les émissions polluantes, rapporte le Bild am Sonntag, l’édition dominicale du tabloïd Bild. Pire, ce logiciel truqueur repéré par les autorités américaines serait différent du précédent et permettrait de falsifier d’autres tests. Érigée en argument commercial numéro un, la "deutsche Qualität" risque de perdre un peu plus de sa superbe.

Qu’est-il reproché à Audi ? Bien que filiale du groupe Volkswagen, la marque Audi avait réussi à ne pas voir son image noircie par le scandale du logiciel truqueur de sa maison-mère : certains modèles de la marque aux anneaux étaient concernés par la fraude aux normes antipollution, mais de manière indirecte puisque les pièces incriminées n’étaient pas directement produites par Audi mais provenaient de chez Volkswagen.

Cette fois-ci, Audi se retrouve elle-même au coeur de la tourmente : d’après le Bild am Sonntag, c’est sur un de ses modèles que l'autorité californienne de protection de l'environnement (Carb) a découvert cet été un logiciel truqueur installé sur les boites de vitesse automatique de modèle AL 551. Le logiciel, installé sur les derniers modèles équipés d’un moteur V6, a la capacité de repérer si le véhicule roule sur route ou sur un banc d’essai en fonction des mouvements de volant. Si ces derniers sont très limités, voire inexistants, le logiciel en déduit que le véhicule est en train de faire l’objet d’un test antipollution et passe automatiquement la vitesse supérieure pour réduire la consommation, et donc les émissions de gaz. Mais une fois sur la route, ce même modèle voit sa consommation en carburants bondir et ses émissions de CO2 avec.

Aucune confirmation officielle. Pointée du doigt dimanche, la firme allemande n’avait toujours pas réagi lundi, tout comme sa maison-mère, Volkswagen. Interrogée par la presse allemande, l'autorité californienne de protection de l'environnement a également refusé de confirmer la fraude. Quant au ministère des Transports allemand, il a déclaré lundi ne pas disposer d’informations sur le sujet.

Ce mutisme montre combien le dossier est sensible, d’autant que le Bild am Sonntag affirme qu’Audi n’a arrêté d’utiliser ce nouveau logiciel qu’à partir du mois de mai 2016. C’est-à-dire plus de huit mois après que le scandale VW a éclaté et juste avant que les autorités américaines ne découvrent la nouvelle manipulation.

Bien plus qu’une réplique du Dieselgate. Un logiciel dissimulé qui réduit les émissions de gaz lors des tests antipollution : sur le papier, cette nouvelle fraude ressemble à s’y méprendre au scandale qui a éclaté en septembre 2015 chez Volkswagen. Pourtant, cette affaire est d’une toute autre nature : alors que Volkswagen truquait le niveau des émissions d’oxydes d'azote (NOx), Audi est accusé d’avoir triché sur les émissions de CO2. En clair, la triche concerne cette fois-ci toutes les motorisations, alors que l’affaire Volkswagen était limitée aux seuls véhicules diesel.

En outre, Volkswagen a réussi à limiter la casse en profitant du fait que si les Etats-Unis sont très tatillons sur les émissions de NOx, l’Union européenne est bien moins sévère sur cette pollution. Résultat, Volkswagen ne risque rien ou presque en Europe et continue de marteler qu’il n’y a pas enfreint les règles. Audi ne va pas pouvoir bénéficier de la même clémence puisque les autorités européennes sont censées être aussi strictes que leurs homologues étasuniens en ce qui concerne les émissions de CO2.  

Des soupçons sur presque tous les modèles. En termes d’images, ces nouvelles révélations sont dévastatrices pour une marque censée incarner l’innovation technologique : la fraude concernerait les modèles les plus prestigieux de sa gamme (A6, A8 et Q5). Mais elle intervient aussi après une première fraude qui avait également rattrapé Audi, puisqu’une bonne partie des pièces Volkswagen se retrouvent sous les capots Audi. Résultat, les modèles A1, A2, A3, A4, A5, A6, Q3, Q5 et TT ont été concernés par la fraude aux émissions d'oxydes d'azote. Si la deuxième fraude était confirmée, cela voudrait dire que les trois quarts des modèles actuels d’Audi sont équipés d’un logiciel de fraude.