Alstom : la branche transports survivra-t-elle seule ?

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Alstom : la branche transports survivra-t-elle seule ?
Le géant industriel Alstom, en pleine incertitude sur son avenir, a renoncé à verser un dividende cette année après une chute de ses bénéfices annuels dans un contexte économique difficile.@ Reuters
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L'industriel français, qui publie des résultats décevants, a un mois pour vendre sa branche énergie. Quid de celle qui fabrique le TGV ?

Le TGV survivra-t-il aux grands chamboulements qui secouent Alstom, son fabricant ? Le géant industriel français publie mercredi des résultats décevants. Le groupe a dégagé un bénéfice net en baisse de 28% sur l'exercice décalé achevé fin mars, à 556 millions d'euros. Or, dans un mois, il se séparera de sa principale branche, celle spécialisée dans l'énergie, convoitée par General Electric et Siemens. Celle là même qui représente près de trois quarts des activités du groupe, soit 70% d'un chiffre d'affaires de 20 milliards d'euros. La branche Transports, qui fabrique le TGV et représente un quart des activités, deviendra donc autonome. Survivra-t-elle seule ? Eléments de réponse.

De bons résultats pour la branche transports… Les résultats publiés mercredi sont certes décevants, mais la branche Transport s'en sort bien. Son chiffre d'affaires (CA) progresse de 9%, contre 4% pour l'ensemble du groupe. Et sa marge opérationnelle (ce qu'il reste d'argent une fois les impôts payés) augmente, à 5,6% du CA contre 5,4% pour l'exercice précédent. Le groupe assure ainsi que la branche est promise à un bel avenir.

Alstom Transports Tramway

© Reuters

"Des succès commerciaux ont été notamment enregistrés en Arabie Saoudite (projet de métro clé en main), en France (trains régionaux) et au Chili (modernisation d’un réseau de métro). Le carnet de commandes du secteur Transport atteint 23,2 milliards d’euros, représentant quatre années d’activité" et près de la moitié des commandes attendues pour tout le groupe, détaille Alstom mercredi, dans un communiqué. Un contrat historique de 3,5 milliards a également été signé, fin avril, pour 600 trains passagers, avec l'Afrique du sud.  

"D'un point de vue opérationnel, Alstom Transport est en mesure de fonctionner seul", tranche ainsi Pierre Boucheny, analyste chez Kepler Cheuvreux, cité par Le Figaro. "Le transport est la partie la moins en difficulté du groupe", renchérit Yves Crozet, président du laboratoire d'économie des transports, dans L'Expansion.

… Mais pas forcément pour le TGV. "L'activité d'Alstom Transport est une activité solide, performante, sur un marché en croissance", a ainsi assuré mercredi le PDG d'Alstom, Patrick Kron lors d'une conférence téléphonique. Mais le TGV participera-t-il de ce "marché en croissance" ? Pas si sûr. "Le marché du TGV n'est pas florissant. La France a acheté tout ce qu'elle pouvait. Et le concept du TGV a une zone de pertinence limitée", analyse Yves Crozet.

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Selon le spécialiste, les villes européennes sont trop proches les unes des autres pour avoir besoin d'un TGV… dont les rames ne sont, en revanche, pas assez larges pour les pays étrangers. "Nous avons été obnubilés par la vitesse, alors qu'elle ne convient que pour certaines distances bien particulières, qui peuvent être couvertes en moins de 2h30", renchérit l'expert dans L'Expansion.

Un avenir avec GE ou Siemens ? Le TGV pourra-t-il survivre en restant sur l'unique sol Français ? Pour les experts, cela pourrait passer par une alliance avec la concurrence…. voire une fusion. Et le gouvernement l'a bien compris. "Il serait hautement souhaitable d'assurer un avenir mondial certain à Alstom Transport, par la cession à cette entité des activités transport de General Electric, incluant les trains de fret et la signalisation, représentant un chiffre d'affaires de 3,9 milliards de dollars", a ainsi indiqué le ministre de l'Economie Arnaud Montebourg, dans une lettre aux dirigeants de General Electric, favori pour la reprise de la branche énergie d'Alstom.

Siemens, de son côté, envisage déjà de céder ses trains à grande vitesse et son activité dans les métros à Alstom, en cas de rachat de l'énergie.  Le hic, comme le confie un expert au Figaro : "les dirigeants d'Alstom préféreraient mourir plutôt que de se rapprocher de Siemens".

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